31 juillet 2026

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Arrestation imam Faso : tout savoir sur mohamad ishaq kindo

arrestation de l’imam mohamad ishaq kindo : une affaire qui secoue le Burkina Faso

Mohamad Ishaq Kindo

L’arrestation de Mohamad Ishaq Kindo, figure religieuse majeure du Burkina Faso, a fait grand bruit. L’imam sunnite, président des oulémas du pays, a été interpellé à Ouagadougou le 26 mai, deux jours après avoir critiqué le projet de loi sur les libertés religieuses.

Selon un communiqué de la fédération des associations islamiques du Burkina (faib), son interpellation s’est déroulée en milieu d’après-midi, sans que les motifs officiels ne soient communiqués. L’organisation a immédiatement engagé des démarches pour obtenir des éclaircissements auprès des autorités compétentes.

une interpellation controversée et des tensions

Un témoin de l’opération a décrit une arrestation musclée : « vers 14 heures, des éléments de sécurité encagoulés, policiers et militaires, ont interpellé l’imam. La scène a dégénéré lorsque des fidèles ont tenté de s’interposer, provoquant des tensions et des blessés parmi les croyants ».

La veille de l’aïd al-kébir, une fête musulmane majeure, cette opération a particulièrement choqué la communauté. Deux jours plus tôt, un enseignement de l’imam Kindo, largement diffusé sur les réseaux sociaux, dénonçait le projet de loi adopté en mars. Il y mettait en garde les autorités : « que chacun se méfie de vouloir interdire les prières dans les lieux publics. Même un chef ou un homme fort ne peut rivaliser avec la puissance divine ».

manifestations et réactions dans le pays

Quelques heures après l’arrestation, des centaines de personnes ont défilé à Ouagadougou pour réclamer la libération de l’imam. Les forces de l’ordre ont dispersé la manifestation à coups de gaz lacrymogènes, selon un manifestant présent sur place.

La faib a appelé au calme, invitant les fidèles « à la retenue et à la sérénité » dans une situation jugée tendue. Après la prière de l’aïd, le président ibrahim traoré s’est exprimé sur les réseaux sociaux, saluant le travail des forces de sécurité engagées contre le djihadisme. Il a mis en garde contre toute tentative de déstabilisation, promettant des conséquences lourdes pour les fauteurs de trouble.

Ibrahim Traoré

le projet de loi sur les libertés religieuses au cœur du débat

Adopté en conseil des ministres le 19 mars, le projet de loi vise à réguler les pratiques religieuses pour prévenir les excès observés en ligne, comme les discours de haine ou les appels au radicalisme violent. Mariem Sanogo, directrice générale des affaires religieuses, coutumières et traditionnelles, a précisé que ce texte actualise des dispositions existantes face à la montée de l’extrémisme dans le pays.

Parmi les mesures phares, le texte interdit l’érection de lieux de culte dans les services publics, hormis dans les établissements sanitaires, pénitentiaires, militaires et casernes. Une décision justifiée par l’incapacité de l’État à fournir des espaces de prière pour toutes les confessions dans l’administration. Il est cependant toujours permis de prier dans l’espace public, dans le respect des croyances d’autrui.

Cette arrestation s’inscrit dans un contexte politique marqué par une gouvernance militaire depuis près de quatre ans, sous la direction du capitaine Ibrahim Traoré. Les autorités justifient leur politique répressive par la nécessité de lutter contre les groupes djihadistes actifs dans une grande partie du territoire.