11 mai 2026

Bénin et Niger : l’élection de Romuald Wadagni pourrait marquer la fin de la crise diplomatique

Un espoir de normalisation entre Niamey et Cotonou

Le climat politique entre le Bénin et le Niger pourrait bientôt s’apaiser. Alors que Romuald Wadagni se prépare à prendre ses fonctions de président, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a laissé entrevoir une possible reprise du dialogue entre les deux nations voisines.

S’exprimant sur la chaîne nationale RTN, le diplomate nigérien a admis qu’aucun échange officiel n’avait encore eu lieu avec l’équipe de transition béninoise. Toutefois, il a manifesté une volonté de tourner la page, soulignant que Niamey accueillerait favorablement des signaux de bonne volonté de la part du futur gouvernement à Cotonou.

Une rupture diplomatique profonde depuis le coup d’État

Les tensions entre les deux États ont atteint un point critique après le renversement du pouvoir en juillet 2023 par le général Abdourahamane Tiani au Niger. Cette situation a conduit à une fermeture stricte de la frontière terrestre nigérienne, entravant sérieusement le commerce bilatéral.

L’escalade s’est poursuivie début 2026 avec l’expulsion mutuelle de diplomates et la mise en sommeil de l’ambassade du Bénin à Niamey. Les autorités nigériennes reprochent notamment à leur voisin d’accueillir des opposants au régime militaire, des accusations que les dirigeants béninois ont toujours réfutées.

Le pipeline Wapco et l’économie au centre des enjeux

Au-delà de la politique, des intérêts économiques vitaux sont en jeu. Le projet de pipeline géré par Wapco, qui achemine le brut nigérien vers le port de Sèmè-Kpodji au Bénin, demeure un point de friction majeur. La paralysie de l’axe routier NiameyCotonou pèse également lourdement sur les opérateurs économiques et les populations locales des deux côtés de la frontière.

Le défi diplomatique de Romuald Wadagni

L’investiture de Romuald Wadagni, prévue pour le 24 mai 2026 suite à son élection le 12 avril, marque le début d’une nouvelle ère potentielle. À Niamey, les propos de Bakary Yaou Sangaré sont interprétés comme une main tendue, bien que conditionnée par des actes concrets de la part de la future administration béninoise.

Malgré l’échec d’une tentative de médiation régionale en 2025, la réconciliation reste une priorité absolue. Pour le nouveau président, restaurer les liens avec le Niger est crucial pour relancer les échanges sous-régionaux et stabiliser la coopération sécuritaire dans une zone sahélienne marquée par une montée des tensions.