20 mai 2026

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Biashara afrika 2026 : faure gnassingbé plaide pour une intégration économique continentale concrète

L’appel de Lomé pour une Afrique économiquement unie et performante

La capitale togolaise, Lomé, est devenue le cœur battant du commerce continental avec l’inauguration, ce 18 mai 2026, de la troisième édition du forum Biashara Africa. Cet événement majeur rassemble les acteurs clés du commerce, de l’investissement et des partenariats économiques à travers le continent.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a prononcé un discours fondateur, soulignant l’urgence de passer des déclarations d’intention à des actions tangibles, particulièrement en ce qui concerne la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Face à un parterre de dirigeants, d’investisseurs et de représentants du secteur privé, il a martelé que « le temps de la vision doit maintenant devenir celui des résultats ».

Un hommage appuyé à Issoufou Mahamadou et un appel à l’action pour la ZLECAf

Dans son allocution, Faure Gnassingbé a tenu à saluer le travail d’Issoufou Mahamadou, reconnu comme le champion de la ZLECAf, pour son engagement indéfectible en faveur de l’unification économique du continent.

Le Président du Conseil a insisté sur le fait que les accords signés ne sont plus suffisants. L’intégration africaine doit se manifester par des projets concrets : des infrastructures modernes, des corridors logistiques fluides, des systèmes de paiement interopérables et des échanges simplifiés pour les entreprises du continent. Il a pointé du doigt les obstacles qui persistent, tels que les barrières non tarifaires, les lenteurs administratives aux frontières et les coûts logistiques prohibitifs qui continuent d’entraver le commerce intra-africain.

« Biashara Afrika doit être une plateforme de solutions »

Le dirigeant togolais a exprimé une vision claire pour le forum : il ne doit pas se limiter à de simples discussions. « Cet événement doit être une plateforme de solutions, une plateforme de partenariats et une plateforme d’opérationnalisation de l’intégration africaine », a-t-il affirmé. Il a également mis en lumière le rôle crucial de la ZLECAf dans un contexte international complexe, caractérisé par des tensions géopolitiques, une montée du protectionnisme et une réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Vers une souveraineté économique accrue pour l’Afrique

Pour Faure Gnassingbé, dans le monde fragmenté actuel, aucune nation africaine ne peut défendre seule ses intérêts. La ZLECAf transcende le simple accord commercial pour devenir un levier de souveraineté économique pour l’ensemble du continent. L’enjeu est de taille : accroître la production locale, consolider les capacités industrielles et renforcer le poids de l’Afrique dans les négociations économiques globales.

Le plaidoyer pour de grands groupes africains

Le Président du Conseil a également souligné l’impératif de créer des chaînes de valeur régionales solides et de favoriser l’émergence d’un secteur privé africain puissant. Il a déploré que, malgré ses richesses naturelles et humaines, le continent exporte encore majoritairement des matières premières brutes pour importer des produits finis à haute valeur ajoutée. La ZLECAf, selon lui, est l’outil qui permettra de surmonter la fragmentation des marchés nationaux et de construire des industries africaines compétitives. Il a ainsi appelé de ses vœux la naissance de champions économiques africains, dotés de capitaux africains et capables de rayonner sur tout le continent.

La jeunesse et les PME au cœur de l’intégration africaine

Dans la dernière partie de son discours, Faure Gnassingbé a placé les jeunes, les femmes entrepreneures et les PME au centre de la stratégie d’intégration. Il a soutenu qu’une intégration durable ne peut se faire sans un impact direct et positif sur la vie des populations, notamment par la création d’emplois, le soutien à l’entrepreneuriat et un accès facilité aux marchés régionaux. « L’intégration africaine ne pourra réussir si elle reste perçue comme un projet réservé aux grandes entreprises ou aux institutions », a-t-il prévenu.

Le Togo réaffirme son engagement continental

Pour conclure, Faure Essozimna Gnassingbé a réitéré l’engagement total du Togo dans le projet d’intégration africaine. Le pays, fort de sa position géographique stratégique et de ses infrastructures logistiques, se positionne comme un acteur clé dans l’édification du grand marché africain. Le dirigeant a formulé le vœu que cette édition de Biashara Africa soit le catalyseur de nouveaux partenariats et insuffle une dynamique économique renouvelée pour le continent.