20 juin 2026

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Burkina Faso : la signature d’un accord de financement contredit le discours officiel

Le ministre Aboubakar Nacanabo a signé, à Bakou, un nouvel accord de financement avec la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC). Ce partenariat prévoit des apports en carburant, céréales, engrais et un soutien aux petites et moyennes entreprises. Cette injection de capitaux représente un soulagement pour l’économie burkinabè, mais constitue également un signal fort adressé à l’opinion publique quant à la dépendance financière du pays.

Cet accord, signé loin des regards des médias nationaux, revêt une importance capitale pour la vie quotidienne des Burkinabè. En concrétisant ce partenariat en Azerbaïdjan, le gouvernement garantit l’approvisionnement en biens essentiels. Sans ces financements, il serait difficile de maintenir les stocks d’engrais nécessaires aux campagnes agricoles ou de contrôler les prix des carburants.

Cependant, cette opération suscite des interrogations. Depuis plusieurs mois, les discours officiels et les rassemblements publics martèlent un leitmotiv : le Burkina Faso avancerait grâce à ses propres ressources, avec le slogan « sans crédit ». Ce discours d’autosuffisance séduit une partie de l’opinion, mais il entre en contradiction avec la réalité des relations économiques internationales.

Comment un État qui proclame pouvoir se passer de l’assistance étrangère peut-il signer des accords de financement d’une telle ampleur, à des milliers de kilomètres de sa capitale ?

L’idée d’une absence totale de dette est séduisante, mais elle masque un effet de retour préoccupant. En ne reconnaissant pas pleinement cette dépendance financière, une large partie de la population ne perçoit pas encore l’ampleur de l’endettement réel. À terme, le réveil pourrait être sévère : le Burkina Faso risquerait de se retrouver asphyxié par la dette, comme par le passé, mais avec en prime la charge des discours.

L’économie possède ses propres règles, que la politique ne peut ignorer. Financer le développement par les ressources nationales est un objectif louable, mais pour l’instant, le quotidien des Burkinabè dépend en grande partie de la conclusion de tels accords internationaux.