24 juin 2026

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Cameroun : coup de filet contre un réseau de traite humaine qui comptait plus de 600 victimes

Cameroun : coup de filet contre un réseau de traite humaine qui comptait plus de 600 victimes

Le Service Central des Recherches Judiciaires de la Gendarmerie Nationale a ouvert une enquête le 16 mai 2026, après de nombreuses dénonciations d’escroqueries en ligne et de kidnappings de proches à l’étranger. Les investigations ont permis de démanteler un vaste réseau criminel de trafic et traite d’êtres humains, opérant sous couvert d’activités de marketing de réseau via les structures QNET, IGNITE et UNIMEC.

Les recherches ont conduit à l’interpellation de 13 individus, dont six coordinateurs de premier plan au Cameroun et sept représentants actifs ou intermédiaires. Plus de 600 victimes ont été identifiées, et plusieurs maisons servant de base logistique et d’hébergement ont été découvertes dans les villes de Douala, Bafoussam, Ebolowa, Kye-Ossi, Bertoua, Ngaoundéré, Maroua, Garoua et Yaoundé.

Le Colonel Atangana Fiacre Kisito, Directeur Central de la Coordination Adjoint (DCC-A) et Directeur de l’Emploi et des Structures (DES), a précisé que les commanditaires sont basés en Malaisie, avec des ramifications actives en Afrique de l’Ouest et Centrale. Les cibles principales sont les jeunes en situation de précarité, les chercheurs d’emploi, les étudiants et les candidats à l’émigration. Le mode opératoire consiste à attirer les victimes par des offres d’emploi ou des formations à l’étranger, des promesses de rendement élevé, des garanties sans risque et des recrutements agressifs ou sous pression.

Une fois recrutées, les victimes doivent payer des frais élevés et sont regroupées dans des concessions transformées en dortoirs collectifs, où elles subissent un encadrement coercitif et une pression constante. Certaines victimes de la partie méridionale du pays sont transférées via Garoua vers le Nigeria, tandis que des étrangers, notamment des Tchadiens, sont introduits dans les réseaux locaux à Yaoundé, dans les quartiers Awae, Tam-Tam, Mvan et Nkozoa.

Face à l’ampleur du phénomène, le Colonel Atangana Fiacre Kisito a invité les populations à la vigilance, les exhortant à ne pas se laisser convaincre par des vendeurs d’illusions, des offres séduisantes d’entreprises en ligne ou des propositions alléchantes formulées par des proches.

L’enquête se poursuit avec la recherche active de deux individus formellement identifiés et localisés en République Démocratique du Congo et en République Centrafricaine. Les mis en cause seront présentés dans les prochains jours devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Yaoundé.