13 juillet 2026

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Cap 2030 : le Gabon mise sur l’agriculture pour son indépendance alimentaire

cap 2030 : le Gabon mise sur l’agriculture pour son indépendance alimentaire

Libreville — Le Gabon fait face à un paradoxe économique persistant : malgré des terres arables riches, un climat propice et des ressources hydriques abondantes, le pays dépend encore à plus de 60% des importations pour nourrir sa population. Cette situation, qui fragilise sa balance commerciale et expose sa stabilité économique aux aléas des marchés internationaux, a conduit l’État à faire de la souveraineté alimentaire une priorité nationale.

Dans cette optique, le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural a organisé à Libreville une retraite stratégique de deux jours. L’objectif ? Redéfinir les méthodes de gouvernance du secteur agricole et accélérer sa transformation d’ici 2030. Sous l’égide du ministre Pacôme Kossy, cette initiative dépasse le cadre d’un simple exercice administratif pour s’imposer comme un projet de société ambitieux.

Intitulée « CAP 2030 : aligner le management, accélérer les résultats, sécuriser la souveraineté alimentaire du Gabon », cette rencontre a réuni l’ensemble des cadres du ministère, des directeurs provinciaux et des responsables des organismes sous tutelle. Une mobilisation sans précédent qui souligne l’importance stratégique accordée à l’agriculture, désormais perçue comme un pilier de la sécurité nationale.

Vers une gouvernance agricole performante et responsable

La souveraineté alimentaire ne se limite plus à des politiques agricoles classiques. Les crises sanitaires mondiales, les tensions géopolitiques sur les chaînes d’approvisionnement et les changements climatiques ont bouleversé les priorités des États. Pour le Gabon, il s’agit désormais de produire davantage, de transformer localement, de structurer les filières et de sécuriser durablement ses approvisionnements.

Cette retraite stratégique vise à instaurer une nouvelle culture de gouvernance publique dans le secteur. Le ministère ambitionne de faire évoluer ses mécanismes de pilotage vers plus de performance, d’efficacité administrative et de redevabilité. Chaque direction, chaque établissement sous tutelle et chaque représentation provinciale devra désormais aligner ses actions sur des objectifs mesurables et des indicateurs précis.

Le futur Pacte de performance managérial, attendu à l’issue des travaux, devrait définir des engagements concrets assortis d’objectifs chiffrés et de mécanismes d’évaluation réguliers. L’introduction d’un tableau de bord national pour suivre les performances illustre cette volonté de faire du pilotage par les résultats un outil central de la réforme agricole gabonaise.

Des investissements historiques pour moderniser l’agriculture

Cette réflexion stratégique s’inscrit dans un contexte marqué par des investissements massifs. Au premier semestre 2026, près de 7 575 milliards de francs CFA ont été mobilisés via cinq accords stratégiques dédiés à la modernisation des filières agricoles, de l’élevage et des infrastructures de transformation. Si ces engagements se concrétisent, ils représenteront l’une des plus importantes vagues de financement jamais enregistrées dans l’histoire agricole du pays.

Parmi les priorités : le renforcement de l’accompagnement des producteurs locaux pour soutenir l’émergence d’une agriculture entrepreneuriale capable de répondre aux besoins des marchés urbains. Autre chantier majeur : la finalisation du Plan de transformation des systèmes agroalimentaires (2026-2030), qui servira de feuille de route pour les prochaines années en matière de production, transformation, commercialisation et résilience climatique.

L’agriculture, un levier de puissance économique et sociale

Pour le Gabon, la souveraineté alimentaire dépasse la simple augmentation des rendements. Il s’agit de bâtir un modèle capable de créer des emplois, de dynamiser les zones rurales, de réduire les importations alimentaires et de renforcer la résilience économique face aux chocs extérieurs. L’agriculture devient ainsi un levier stratégique de stabilité sociale et de sécurité nationale.

Les travaux, clôturés le 12 juillet, ont permis de valider les grandes orientations stratégiques du ministère. Une étape observée avec attention par les acteurs économiques, les investisseurs et les partenaires internationaux. Derrière le slogan CAP 2030 se profile une ambition bien plus vaste : faire entrer l’agriculture gabonaise dans une ère de performance, de transformation industrielle et d’autonomie alimentaire.

Pour les autorités, l’heure n’est plus aux diagnostics, mais à l’exécution. Avec cette réforme, le Gabon se positionne clairement comme un acteur déterminé à ne plus subir les mutations de l’économie mondiale, mais à en tirer profit pour garantir son avenir.