31 juillet 2026

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Chaos sécuritaire en RDC : un projet géopolitique sous-jacent ?

La République démocratique du Congo a récemment annoncé la signature d’un protocole avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), visant le désarmement, la démobilisation et le cantonnement de ces groupes rebelles rwandais opérant dans l’est du pays. Cependant, le Rwanda a immédiatement rejeté cette démarche, la qualifiant de “manœuvre dilatoire”. La tension autour des FDLR perdure depuis des décennies entre Kinshasa et Kigali, une partie de ces rebelles étant accusée d’avoir participé au génocide rwandais de 1994. Pour Kigali, les FDLR représentent une menace constante, justifiant ainsi la présence de son armée dans l’est de la RDC, aux côtés des rebelles de l’AFC-M23.

Rwanda – Le général des FDLR Jean-Baptiste Gakwerere remis aux forces armées rwandaises

Les accords de Washington, conclus l’année précédente, stipulaient un engagement du Rwanda à retirer ses forces, tandis que Kinshasa s’engageait à neutraliser les FDLR. Cette divergence actuelle entre les deux nations voisines soulève des interrogations.

Le chercheur Josaphat Musamba, doctorant à l’université de Gand en Belgique, apporte son éclairage :

Josaphat Musamba analyse la situation : Kigali a systématiquement refusé les approches de sensibilisation et de persuasion. Selon lui, cela révèle une mauvaise foi de la part du Rwanda. Il s’interroge sur les véritables intentions de Kigali, estimant que le maintien de l’instabilité dans l’est du Congo sert ses intérêts et qu’il cherche à consolider ce statu quo. Les objectifs géostratégiques du Rwanda dans cette région demeurent flous.

Polémique autour de la remise de présumés FDLR au Rwanda

La véritable nature de la présence des FDLR en RDC

Quelle est la réalité derrière la présence des FDLR en République démocratique du Congo ? Josaphat Musamba répond que l’affirmation de Kigali et de l’AFC-M23 selon laquelle les FDLR seraient intégrées aux FARDC est empiriquement fausse. Il trouve surprenant que les alliés, l’AFC-M23 et les Forces de défense rwandaises (RDF), se montrent incapables de neutraliser entièrement les FDLR présentes dans leurs propres zones d’opération. Pour le chercheur, cette situation de chaos sécuritaire, délibérément entretenue dans l’est du Congo, s’inscrit dans un projet géopolitique bien plus large de Kigali. En désorganisant les structures administratives congolaises de l’Est, le Rwanda cherche à étendre et à ancrer son influence régionale.

L’avenir des FDLR et la paix régionale

Kigali soutient que le protocole entre Kinshasa et les FDLR ne respecte pas les termes des accords de Washington et n’assure ni le démantèlement ni la neutralisation effective des FDLR. Le chercheur Musamba estime que cet argument rwandais manque de fondement factuel. Il explique que la RDC privilégie une approche de persuasion plutôt qu’une confrontation militaire directe avec les FDLR, s’adaptant ainsi au contexte complexe. Selon lui, la République démocratique du Congo, déjà engagée à contenir les RDF et le M23, ne peut se permettre d’ouvrir un front supplémentaire contre les FDLR. Il conclut que les FDLR, en tant que groupes armés, pourraient éventuellement disparaître grâce au dialogue. Cependant, l’idéologie qu’elles représentent — une forme de résistance au régime de Kigali, distincte de l’accusation génocidaire avancée par le Rwanda et le M23 — pourrait, elle, perdurer.