30 juin 2026

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Coupe du monde 2026 : la Mannschaft humiliée par le Paraguay dès les 16es de finale

De notre envoyé spécial à Boston

Un scénario qui rappelle 1998. Même soleil, mêmes noms (Enciso, Paredes, Arce, Sanabria), même maillot rayé rouge et blanc, même mur infranchissable. Seule différence : l’Allemagne n’est pas la France. Face au Paraguay, lundi à Boston, la Mannschaft n’a pas trouvé son héros en prolongation. Et elle s’est inclinée aux tirs au but (1-1, 4-3 t.a.b.) dès les 16es de finale de la Coupe du monde, elle qui figurait parmi les favorites.

Pour la troisième fois consécutive (2018, 2022, 2026), l’Allemagne échoue à se hisser parmi les seize meilleures nations du tournoi. Pire : elle a perdu sur son point fort, la séance de tirs au but, qu’elle n’avait jamais perdue en Coupe du monde auparavant. Dans les tribunes de presse, les journalistes allemands affichaient une mine consternée.

Kimmich amer : « C’est l’un des pires jours du foot allemand »

« C’est l’un des pires jours pour le football allemand », a confié un journaliste local en zone mixte, avant de s’éclipser tandis que les confrères paraguayens, drapeaux à la main, exultaient. Joshua Kimmich, le capitaine, s’est présenté devant les micros, la mâchoire serrée : « C’est terrible. Enfant, je voyais la Mannschaft en demi-finales, en finales. On voulait donner cette joie aux enfants et aux gens chez eux. On n’a pas réussi. »

Le joueur du Bayern Munich a incarné les problèmes de l’équipe. Placé dans un rôle hybride (ni défenseur central, ni arrière droit, ni milieu), il a désorganisé le couloir droit, où Leroy Sané, en grande difficulté, n’a reçu aucun soutien.

Des choix tactiques incompréhensibles

Face au bloc bas du Paraguay, les Allemands ont été stériles : aucune occasion en première période, un but de la tête de Havertz après la pause, puis des centres sans danger. Le gardien Orlando Gill n’a pas eu à s’employer. Les changements de Julian Nagelsmann (Goretzka à la mi-temps, Woltemade en fin de match) n’ont pas inversé la tendance.

Le sélectionneur allemand, joli prodige à ses débuts, est la cible de vives critiques outre-Rhin, non seulement pour le résultat mais aussi pour sa sélection (Jonathan Tah, Leroy Sané, Manuel Neuer). Ce dernier, âgé de 40 ans et auteur d’une saison compliquée, a pourtant réalisé un bon match avec deux arrêts, dont un sur le cinquième penalty paraguayen. Mais son retour en sélection a divisé le groupe.

« Neuer faisait partie des échecs de 2018 et 2022. Le reprendre était une erreur », estimait avant la rencontre le journaliste Frank Hellman. « Cela a perturbé le groupe. Les joueurs du Bayern étaient pour, les autres beaucoup moins. Il n’était même pas dans les six meilleurs gardiens de Bundesliga cette saison. »

Nagelsmann menacé ?

Interrogé sur son avenir, Nagelsmann a botté en touche : « Je ne fuis pas. Si la fédération veut que je continue, je continuerai. Sinon, elle peut me le dire. Beaucoup de gens aimeraient sans doute que je parte. »

Le technicien a pu compter sur le soutien de son capitaine : « Les joueurs sur le terrain ont commis des erreurs. Ce n’était pas l’entraîneur, ni les médias, ni l’arbitre, ni l’adversaire. C’était nous. » Une défaite qui fait rire la France… et la Suède, prochain adversaire des Bleus.