2 juin 2026

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Crise frontalière entre le Bénin et le Niger : un lourd tribut pour l’économie locale

La suspension prolongée des échanges au niveau de la frontière séparant le Bénin du Niger, consécutive aux événements politiques du 26 juillet 2023, provoque des ondes de choc majeures sur le tissu économique régional.

Depuis plusieurs mois, les répercussions de ce blocage frontalier pèsent lourdement sur les finances du Niger. Les entreprises ainsi que les professionnels du transport ont été contraints de réorganiser leurs circuits dans l’urgence pour tenter de maintenir leurs activités à flot.

Le détour par le Nigeria, une solution par défaut

Historiquement, l’axe béninois constituait le poumon de l’approvisionnement pour le Niger. Face à l’impossibilité d’emprunter cette voie, de nombreux opérateurs économiques se sont rabattus sur le Nigeria. Ce trajet alternatif, bien que nécessaire, se révèle nettement plus long, onéreux et parsemé d’incertitudes logistiques.

Yacouba Dan Maradi, acteur économique nigérien, témoigne de la rudesse de la situation : « L’impact a été total, tant sur le plan émotionnel que commercial et financier. C’est une épreuve difficile. Nous avons tenté de compenser en passant par le Nigeria, mais cette option comporte des risques financiers non négligeables. Nous espérons que cette phase est désormais derrière nous ».

Un secteur du transport en plein marasme

Le secteur du transport d’hydrocarbures subit lui aussi des dommages considérables. L’allongement démesuré des délais de livraison a littéralement réduit à néant la rentabilité des flottes de camions, plongeant les travailleurs du secteur dans l’incertitude.

Mody Hassane, secrétaire général du syndicat des transporteurs d’hydrocarbures, souligne la précarité croissante des chauffeurs. Selon ses observations, la fermeture des accès a bouleversé les cycles de travail : « Le transport est au cœur de cette crise économique. Auparavant, les conducteurs effectuaient deux à trois rotations par mois. Aujourd’hui, un seul voyage peut s’étirer sur deux ou trois mois. Dans ces conditions, on ne parle plus de profit, mais de pertes sèches ».

L’augmentation des frais logistiques et l’atonie des flux commerciaux continuent de fragiliser durablement l’économie du Niger. Actuellement, l’ensemble des acteurs de la chaîne commerciale appelle de leurs vœux une réouverture pérenne et une normalisation des relations entre le Niger et le Bénin pour relancer la machine économique et rétablir une circulation fluide des marchandises.