Crise humanitaire à Bamako après la destruction du marché de Faladiè
Le démantèlement du marché à bétail de Faladiè, situé en périphérie de Bamako, a plongé plus de 300 familles dans une situation d’urgence absolue. Ce site abritait non seulement un important marché d’élevage, mais aussi un camp de déplacés internes, majoritairement originaires des régions centrales du Mali. La destruction, effectuée par des bulldozers, a laissé des milliers de personnes sans abri ni assistance.
Origines de la crise et mesures gouvernementales
La destruction du marché de Faladiè s’inscrit dans une série de mesures prises par les autorités maliennes après les attaques djihadistes de Jnim en avril 2025. Celles-ci visaient des sites militaires et des écoles de gendarmerie à Bamako. Plusieurs marchés à bétail, suspectés d’abriter des combattants, avaient été ciblés pour fermeture. Cependant, le site de Faladiè abritait également un camp de déplacés internes, créant une situation humanitaire complexe.
Selon les témoignages recueillis, environ 2 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, se retrouvent sans abri. Leur situation est d’autant plus critique qu’aucune solution de relocalisation n’a été immédiatement proposée.
Témoignages de désespoir : le récit de Dado
« Nous avons quitté notre village il y a six ans. »
Dado, une mère de famille originaire du cercle de Bankass (région de Mopti), a fui son village en 2020 en raison des violences persistantes. Avec sa famille de sept personnes, elle avait trouvé refuge à Bamako, convaincue que la capitale offrirait une sécurité relative. Son témoignage illustre l’ampleur du drame vécu par ces déplacés.
« Nous pensions être en sécurité ici »
« Nous sommes sept : ma mère, mes deux filles et mes trois garçons. C’est à cause de la guerre que nous avons décidé de rejoindre la capitale. Nous avons toujours estimé que nous étions en sécurité ici » déclare-t-elle. Aujourd’hui, leur situation est précaire : manque de nourriture, absence d’accès à l’eau potable et absence de toit. Leur survie dépendait auparavant de la collecte de déchets pour les revendre aux éleveurs, une activité désormais impossible.
Pour Dado, la priorité absolue est de trouver un logement : « Car la priorité, pour une personne sans domicile, est de trouver d’abord un refuge ».
Une relocalisation vers Sanankoroba jugée inefficace
Les autorités maliennes avaient annoncé la relocalisation des déplacés vers Sanankoroba, à 35 km de Bamako, où un site aménagé par l’État devait les accueillir. Cependant, ce site est qualifié de « non fonctionnel » par de nombreux déplacés et vendeurs de bétail. Aucune solution concrète n’a encore été proposée, laissant des milliers de personnes dans l’incertitude.
Dado et sa famille, comme des centaines d’autres, supplient les autorités de leur trouver un nouveau lieu d’accueil : « Nous n’avons pas d’autre choix. Mais nous les supplions de nous trouver un autre endroit pour notre relocalisation ».
Un camp informel sous accompagnement humanitaire
Le camp informel de déplacés de Faladiè, créé en 2019, bénéficiait jusqu’à présent du soutien d’organisations humanitaires locales et internationales, ainsi que des autorités maliennes. Cependant, face à la destruction du site, aucune communication officielle n’a encore été faite par la Direction nationale du développement social sur les mesures envisagées pour ces populations vulnérables.
Cette situation met en lumière les défis humanitaires auxquels le Mali est confronté, cinq ans après le coup d’État de 2021, et souligne l’urgence d’une réponse coordonnée pour éviter une crise encore plus profonde.

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