31 mai 2026

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Crise humanitaire au Burkina Faso : l’impact des violences sur les populations

crise humanitaire au Burkina Faso : l’impact des violences sur les populations

Le Burkina Faso fait face à une crise humanitaire majeure, marquée par des déplacements massifs de population en raison des violences djihadistes persistantes. Depuis le début de l’année, près de 230 000 personnes ont été contraintes de quitter leur foyer, selon les agences humanitaires. Les enfants et leurs familles sont particulièrement touchés par cette situation critique dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

des chiffres alarmants sur les déplacements forcés

D’après le Groupe de coordination opérationnelle de la réponse rapide (GCORR), environ 37 000 ménages ont été déplacés à la suite de 48 alertes. Cela représente une hausse de 92 % par rapport à la même période en 2024. En mai seulement, 41 000 personnes ont été affectées par 12 alertes de déplacement dans tout le pays.

La région de la Boucle du Mouhoun est la plus touchée, avec plus de 106 000 personnes déplacées, dont 65 000 enfants, réparties dans 13 localités comme Dédougou, Di et Tougan. Cette région concentre à elle seule 45 % des déplacés internes au Burkina Faso.

des besoins humanitaires croissants et urgents

La situation sécuritaire reste préoccupante dans plusieurs régions du pays, notamment le Sahel, le Nord, le Centre-Nord, l’Est, le Centre-Est et la Boucle du Mouhoun. Les attaques ciblent aussi bien les Forces de défense et de sécurité, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) que les civils. Ces violences ont engendré des besoins humanitaires considérables dans tous les secteurs.

Les priorités identifiées incluent :

  • l’accès aux abris pour les familles déplacées ;
  • la sécurité alimentaire pour éviter les pénuries ;
  • l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène ;
  • la protection des populations vulnérables, en particulier les enfants ;
  • l’éducation pour les jeunes générations.

Malgré l’intervention d’organisations sur le terrain, des besoins importants subsistent en raison de l’ampleur de la crise.

une crise nutritionnelle aggravée par l’insécurité

La malnutrition aiguë sévère touche particulièrement les régions les plus exposées aux violences. En avril, plus de 10 000 enfants ont été admis pour un traitement dans tout le pays, dont plus de la moitié provenaient des zones en insécurité, comme la Boucle du Mouhoun, le Nord, l’Est, le Sahel et le Centre-Nord.

De janvier à avril, plus de 36 000 cas de malnutrition aiguë ont été recensés, dont 20 000 dans des zones d’insécurité. À la fin mai, 179 000 personnes, dont 25 000 enfants, avaient été prises en charge pour malnutrition aiguë. Parmi elles, 8 000 enfants souffraient de formes sévères.

La détérioration de la situation sécuritaire complique les opérations humanitaires, limitant l’accès aux populations, augmentant les risques et renforçant les besoins d’assistance.

djibo, une ville asphyxiée par le blocus djihadiste

La ville de Djibo, dans la province du Soum, au nord du Burkina Faso, illustre l’impact dévastateur des violences. Avec une population d’environ 48 000 habitants (déplacés et résidents), la ville est privée d’approvisionnement depuis décembre 2024 en raison du blocus imposé par les groupes armés.

L’UNICEF intervient à Djibo via des partenaires locaux pour répondre aux besoins dans les domaines de l’eau, de l’assainissement, de l’hygiène, de l’éducation, de la protection de l’enfance, de la santé et de la nutrition. Cependant, les travailleurs humanitaires et les populations locales font face à des risques majeurs, notamment les engins explosifs improvisés et les enlèvements. La pénurie de ressources aggrave encore les difficultés d’intervention dans ces zones.