À l’approche du coup d’envoi de la Coupe du monde le 11 juin, les hommes de Didier Deschamps s’apprêtent à peaufiner leurs derniers réglages. Avant de s’envoler le 9 juin pour les États-Unis, où ils débuteront la compétition face au Sénégal le 16 juin à 21 heures, l’équipe de France affronte la Côte d’Ivoire à Nantes ce jeudi, puis l’Irlande du Nord à Lille le 8 juin. Ces galops d’essai s’inscrivent dans une longue tradition où le résultat final ne présage pas toujours du parcours à venir. Retour sur dix rencontres de préparation qui ont laissé une trace indélébile.
Le traumatisme de Cissé et l’échec de Zidane
France-Chine, le 7 juin 2006
Le stade Geoffroy-Guichard reste marqué par une scène effroyable. Dès son premier ballon, Djibril Cissé, aligné d’entrée par Raymond Domenech, subit un tacle du capitaine chinois Zheng Zhi. La chute est fatale : une double fracture tibia-péroné de la jambe droite met fin à ses rêves mondiaux. Ce même soir, Zinédine Zidane manque l’unique penalty de sa carrière internationale. Un échec sans conséquence pour la suite, puisqu’il se montrera impérial durant le tournoi, notamment en finale.
Résultat final : Finalistes.
Une cuisse qui paralyse les ambitions
Corée du Sud – France : 2-3, le 26 mai 2002
Fraîchement auréolé d’un sacre en Ligue des champions avec le Real Madrid, Zinédine Zidane rejoint le groupe à Ibusuki, au Japon. Lors d’un match amical à Suwon contre la Corée du Sud, le meneur de jeu, visiblement épuisé, se blesse à la cuisse gauche. Toute la préparation des Bleus de Roger Lemerre se focalise alors sur cet état de santé, occultant les enjeux sportifs. Ce manque de sérénité précipitera la chute des champions en titre.
Résultat final : Élimination au premier tour.
L’affaire de l’assassin à Helsinki
Finlande-France : 0-1, le 5 juin 1998
Malgré un succès acquis grâce à David Trezeguet, l’ambiance est électrique autour de la troupe d’Aimé Jacquet. Une critique acerbe en plein direct télévisé qualifiant Christophe Dugarry d’« assassin » après un raté provoque la colère du vestiaire. En signe de protestation, les joueurs boycottent les médias le lendemain. Pourtant, c’est bien ce même Dugarry, portant le numéro 21, qui lancera l’épopée victorieuse quelques jours plus tard contre l’Afrique du Sud.
Résultat final : Champions du monde.
Une parodie de football au Mexique
France-Guatemala : 8-1, le 21 mai 1986
À Tlaxcala, en haute altitude, Henri Michel organise une rencontre atypique découpée en trois tiers-temps de 33 minutes. Disputé sous une chaleur écrasante à la mi-journée pour des raisons de diffusion télévisée, le match se joue sur une pelouse catastrophique. Jean Tigana exprime publiquement son mécontentement face aux contraintes commerciales imposées aux joueurs, qui réclament alors leur part des droits de retransmission.
Résultat final : 3e place.
Platini à la rescousse sous tension politique
France-Tunisie : 2-0, le 19 mai 1978
Le contexte est pesant à Villeneuve-d’Ascq, où des banderoles appellent au boycott du Mondial en Argentine. Sur le terrain, les Bleus peinent et subissent les moqueries du public. Il faut l’entrée en jeu salvatrice de Michel Platini, pourtant ménagé après sa finale de Coupe de France, pour débloquer la situation et offrir la victoire à la sélection de Michel Hidalgo.
Résultat final : Élimination au premier tour.
Préparation champêtre en Écosse
Selkirk-France : 2-11, 7 juillet 1966
Pour mettre ses buteurs en confiance avant de rejoindre l’Angleterre, la France enchaîne les cartons contre de modestes clubs écossais. Cependant, l’ambiance est ternie par le départ soudain de Lucien Muller, qui refuse de participer au match, s’estimant écarté des plans du sélectionneur Henri Guérin pour la phase finale.
Résultat final : Élimination au premier tour.
L’avènement de Just Fontaine
Narke-France : 0-12, 25 mai 1958
En Suède, les Bleus d’Albert Batteux se rassurent en écrasant une sélection locale de niveau inférieur. Just Fontaine, qui n’est pas encore le titulaire indiscutable, signe un quadruplé retentissant. Profitant de la blessure de son concurrent René Bliard, il s’installe à la pointe de l’attaque pour écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du football mondial.
Résultat final : 3e place.
Le laboratoire du Heysel
Belgique-France : 3-3, le 30 mai 1954
À un mois du tournoi en Suisse, Gaston Barreau opère une révolution brutale en écartant cinq titulaires habituels. En alignant une équipe expérimentale à Bruxelles pendant qu’une équipe réserve joue ailleurs, le sélectionneur brise la cohésion du groupe, un choix tactique qui s’avérera préjudiciable lors de la compétition officielle.
Résultat final : Élimination au premier tour.
La méthode anglaise de Kimpton
Hollande-France : 4-5, le 10 mai 1934
Le sélectionneur George Kimpton tente d’imposer le système tactique en « W.M. » à une équipe de France peu habituée à une telle discipline défensive. Malgré la victoire à Amsterdam, l’arrière-garde inquiète. L’exigence de l’Anglais, allant jusqu’à demander un marquage individuel jusque dans les vestiaires, ne suffira pas à franchir le premier obstacle en Italie.
Résultat final : Élimination au premier tour.
Une croisière avant le terrain
France-Roumanie : 4-2, le 10 juillet 1930
Pour la toute première édition de la Coupe du monde, les Bleus partagent treize jours de traversée maritime vers Montevideo avec leurs futurs adversaires. Une fois à quai, un match amical d’une heure est organisé entre Français et Roumains. Ces derniers, choisis personnellement par le roi Carol II, s’inclinent face à une équipe de France soudée par ce long voyage.
Résultat final : Élimination au premier tour.

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