21 mai 2026

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Débordements au FC Nantes : un président de supporters dénonce « une honte » et des « lâches »

Suite aux graves incidents qui ont contraint le préfet à interrompre le récent match de Ligue 1 entre le FC Nantes et Toulouse, la question des potentielles sanctions est désormais au centre des préoccupations. Roland Menu, à la tête du club de supporters « Allez Nantes Canaris », exprime sa profonde indignation face à ces violences, qu’il juge totalement étrangères à l’esprit sportif.

Le dernier affrontement du FC Nantes face à Toulouse, ce dimanche 17 mai, a été marqué par un envahissement de terrain, des jets d’objets et l’allumage de fumigènes noirs, menant à l’arrêt définitif de la rencontre. Roland Menu, un passionné du FC Nantes depuis six décennies et président des « Allez Nantes Canaris », déplore ces agissements qui risquent de coûter cher au club.

Interrogé sur les qualificatifs forts employés par l’entraîneur Vahid Halilhodžić et d’autres supporters sur les réseaux sociaux – « honte » et « lâches » – pour décrire les individus responsables de ces troubles, Roland Menu confirme : « Oui, c’est une honte, ce sont des lâches. Je suis profondément attristé par ce qui s’est passé hier soir. Même si nous sommes tous insatisfaits de la situation du FC Nantes, envahir le terrain n’est pas un comportement que nous cautionnons, d’autant plus que nous connaissons les lourdes conséquences en termes de sanctions. »

Le dirigeant du club de supporters avait anticipé une certaine effervescence des ultras, mais pas de cette ampleur : « Nous avions eu vent de possibles manifestations, mais nous nous attendions plutôt à ce qu’elles se déroulent en fin de match. Nous n’imaginions absolument pas une telle scène en cours de jeu, avec une telle intensité de violence. »

La détresse et la colère de l’entraîneur Halilhodžić sont pleinement partagées par Roland Menu : « Évidemment, car ce que l’entraîneur souhaitait, c’était justement que ces personnes regagnent les tribunes pour que le match puisse continuer. Je comprends tout à fait sa réaction, il voulait que le jeu se poursuive. De plus, c’était son dernier match, c’est incroyable. »

Les répercussions de cet envahissement de terrain seront significatives. La Ligue de Football Professionnel doit rendre son verdict le 27 mai. Roland Menu redoute notamment des matchs à huis clos : « La première conséquence que nous craignons, ce sont les matchs à huis clos. Cela signifierait que dès le mois d’août prochain, nous pourrions être privés d’accès au stade pour deux ou trois rencontres, sans pouvoir encourager notre équipe favorite. J’espère également qu’il n’y aura pas de retrait de points, car démarrer la saison avec un tel handicap serait très difficile. »

Il a rappelé un précédent similaire à Saint-Étienne, il y a quatre ans. Concernant la demande du Rassemblement national de dissoudre la Brigade Loire, une requête déjà formulée par Bruno Retailleau lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, Roland Menu a clarifié sa position : « La Brigade Loire n’est pas, à nos yeux, un club de supporters, mais un groupe de personnes. Certes, ils contribuent à l’ambiance dans le stade, c’est une chose que l’on peut leur accorder. Mais ce qui s’est produit hier, l’envahissement par quelques individus, ne correspond pas au comportement d’un véritable supporter. »

Pour lui, ces actions ne reflètent pas l’essence du supporterisme : « Non, pour nous, être supporter, c’est toujours encourager l’équipe, que ce soit dans les bons ou les mauvais moments. »

Malgré cette déconvenue, Roland Menu affirme son soutien inconditionnel au FC Nantes : « Absolument, nous continuerons à soutenir le FC Nantes l’année prochaine, même si le club devait évoluer en Ligue 2. Ce qui prime pour nous, c’est le FC Nantes en tant qu’entité. Nous avons connu des périodes fastes et des moments plus complexes, avec des dirigeants plus ou moins performants, mais notre attachement au FC Nantes reste indéfectible. »