23 mai 2026

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Drame à Tonka : un enseignant coranique froidement exécuté par des combattants du Jnim

Une exécution publique qui sème l’effroi à Tonka

La localité de Tonka, située dans la région de Tombouctou, est de nouveau plongée dans la stupeur. Abdoul Salam Maïga, un maître coranique respecté officiant dans une medersa locale, a été la cible d’une attaque meurtrière. Alors qu’il partageait un moment de convivialité au sein de son « grin » habituel à proximité du marché, des hommes armés affiliés au Jnim ont fait irruption pour l’enlever de force.

Le calvaire de l’enseignant n’a duré que quelques instants. Ses ravisseurs l’ont ramené peu après sur les lieux, les yeux bandés, avant de procéder à son exécution par balles devant les passants. Cette mise en scène macabre illustre la volonté du groupe armé d’imposer sa loi par la terreur dans cette zone du Mali.

Des mobiles flous sur fond de suspicion

Les raisons exactes de cet assassinat ciblé font l’objet de plusieurs interprétations au sein de la communauté. Si certains évoquent d’éventuelles divergences doctrinales ou le refus du maître coranique de collaborer avec les insurgés, la thèse d’une accusation de complicité avec les forces de défense et de sécurité semble prédominer. Le Jnim multiplie en effet les représailles contre ceux qu’il soupçonne de fournir des renseignements aux autorités militaires.

Une série d’assassinats qui endeuille la région

Ce nouvel acte de violence s’inscrit dans une liste de plus en plus longue de meurtres ciblés dans le secteur. En novembre dernier, l’exécution publique de Mariam Cissé avait déjà profondément marqué les esprits. Cette jeune influenceuse avait été punie pour son soutien affiché aux militaires maliens sur les réseaux sociaux.

Plus récemment, à la fin du mois de mars, c’est Amadou Baby, une figure de l’organisation des jeunes de Tonka, qui a perdu la vie dans des circonstances similaires. Son association était dans le collimateur des jihadistes, malgré l’absence notable de camp militaire permanent dans la ville.

L’émotion est vive non seulement à Tonka, mais aussi dans les communes voisines de Diré, Goundam et jusqu’à Tombouctou. Les populations locales vivent désormais dans une crainte constante, témoins d’une spirale de violence qui semble ne rien épargner dans cette partie du territoire malien.