1 juillet 2026

burkina-eveil

Éveillez-vous à l'actualité du Burkina Faso avec un journalisme rigoureux, citoyen et engagé.

Gabon : l’exigence de résultats concrets pour les projets financés par la dette

Le Gabon a franchi une nouvelle étape dans sa gestion des finances publiques en affirmant une position de fermeté. Face aux lenteurs qui freinent plusieurs chantiers majeurs soutenus par la Banque africaine de développement (BAD), les autorités de Libreville exigent désormais une traduction concrète des investissements sur le terrain.

Lors d’une séance de travail stratégique organisée dans la capitale, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, s’est entretenu avec une délégation de la BAD menée par Mamour Ousmane Ba, administrateur-pays. L’objectif de cet échange était limpide : s’assurer que chaque franc emprunté se transforme en bénéfice direct pour le quotidien des Gabonais.

Des infrastructures stratégiques sous surveillance

Deux dossiers majeurs cristallisent les attentions. Le premier concerne le Programme intégré pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement de Libreville (PIAEPAL). Ce projet est vital pour résoudre les pénuries d’eau qui touchent régulièrement la capitale. Le second porte sur l’axe routier Ndendé-Doussala, un tronçon essentiel pour booster l’intégration économique régionale et faciliter les échanges avec les pays limitrophes.

Bien que prioritaires, ces chantiers subissent des retards qui lassent l’opinion publique. Pour l’exécutif, la période de tolérance vis-à-vis de ces décalages de calendrier semble désormais révolue.

Une culture de la performance et de la redevabilité

L’approche gabonaise évolue vers une culture de résultat. Dans un environnement économique marqué par des arbitrages budgétaires rigoureux, la simple mobilisation de fonds ne suffit plus. L’accent est désormais mis sur l’efficacité de la dépense. Les citoyens n’évaluent plus la réussite des politiques publiques aux montants annoncés, mais à la réalité des infrastructures livrées.

Le cas du PIAEPAL est symptomatique : tant que l’accès à l’eau potable reste précaire dans certains quartiers, la crédibilité des programmes de développement demeure engagée. De même, la route Ndendé-Doussala doit impérativement sortir de sa phase de stagnation pour devenir le levier de désenclavement promis.

Identifier les goulots d’étranglement administratifs

Au-delà de l’exigence envers les partenaires, le gouvernement procède à une introspection nécessaire. Hermann Immongault a souligné l’importance de définir clairement les responsabilités de chaque acteur. Les retards ne sont pas uniquement imputables aux bailleurs ou aux entreprises de construction ; ils découlent souvent de lourdeurs bureaucratiques internes.

Complexité des procédures, manque de coordination entre les ministères et lenteurs dans la prise de décision sont autant de freins identifiés. En s’attaquant à ces dysfonctionnements, le Gabon espère fluidifier l’exécution des projets et optimiser sa capacité d’absorption des financements internationaux.

Le défi de la crédibilité internationale

Pour la BAD, représentée par Mamour Ousmane Ba, le soutien aux priorités nationales reste entier. Toutefois, l’institution reste attentive à la capacité de l’État à mettre en œuvre les réformes annoncées. La réussite de ces grands travaux servira de test pour la réputation du pays sur la scène financière internationale.

À l’heure où la compétition pour capter les investissements mondiaux s’intensifie, le Gabon cherche à démontrer qu’il est un partenaire capable de transformer sa dette en actifs productifs. L’aboutissement rapide des travaux à Libreville et sur l’axe Ndendé-Doussala sera la preuve tangible de ce changement de paradigme.