Un bilan en demi-teinte pour l’intégration communautaire à Dakar
La capitale sénégalaise a accueilli la phase politique de la 11e revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’UEMOA. Cette rencontre de haut niveau, qui s’est tenue en présence d’Abdoulaye Diop, président de la Commission de l’UEMOA, a permis de faire le point sur l’état d’avancement des chantiers d’intégration au Sénégal. Si les performances globales restent encourageantes, un fléchissement a été constaté, incitant les autorités à une réaction rapide.
Les conclusions de l’évaluation technique menée fin 2025 révèlent que le Sénégal affiche désormais un taux de mise en œuvre de 76,45 % sur un total de 145 réformes examinées. Ce résultat marque un recul de 2,14 points par rapport à l’exercice précédent, où le pays atteignait 78,59 %. Cette baisse de régime s’explique par des difficultés ciblées dans des domaines stratégiques.
Des zones de fragilité à surveiller
Le rapport souligne des contreperformances notables, particulièrement dans le secteur des réformes structurelles qui accuse une chute de 6,3 points. La gouvernance économique et la convergence figurent également parmi les points de vigilance. Parmi les griefs relevés, l’absence de transmission du rapport 2024 concernant le guichet unique de dépôt des états financiers à la Commission a été pointée du doigt. D’autres secteurs tels que le tourisme, la culture, l’artisanat, ainsi que le climat des affaires et la qualité, nécessitent des ajustements prioritaires pour s’aligner sur les standards communautaires.
Cheikh Diba, ministre des Finances et du Budget, a précisé que les résultats de ces travaux seront prochainement soumis au Premier ministre afin de définir une feuille de route corrective.
Des progrès significatifs dans les secteurs sociaux et productifs
Malgré ces zones d’ombre, le Sénégal enregistre des avancées majeures dans plusieurs piliers du développement. Les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de l’environnement se distinguent avec une progression de 12 points. Le volet social n’est pas en reste, avec une amélioration de 6,5 points pour le développement humain. Par ailleurs, la modernisation des cadres juridiques, statistiques et comptables progresse de 5,5 points, tandis que le secteur de l’énergie gagne 3 points.
Cet exercice d’évaluation, instauré par la Conférence des chefs d’État en 2013, demeure un levier essentiel pour mesurer l’efficacité des politiques communes au sein de l’UEMOA. Pour le gouvernement sénégalais, l’objectif est désormais de transformer ces recommandations en actions concrètes pour renforcer la conformité du pays avant la prochaine échéance communautaire.

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