11 mai 2026

Khalifa Sall et Taxawu Sénégal : un appel urgent pour refonder le contrat social

Taxawu Sénégal a franchi une étape décisive hier, dimanche 10 mai, en organisant son Congrès constitutif à Dakar. Cet événement majeur a marqué la transformation officielle de la plateforme politique en un parti structuré, prêt à peser sur l’échiquier politique sénégalais. Le thème central de ce rassemblement, « De la plateforme au parti politique : Repenser le contrat social pour un Sénégal souverain, juste, solidaire et prospère », a clairement défini les ambitions du mouvement.

Dans une atmosphère d’engagement militant, les congressistes ont unanimement porté Khalifa Ababacar Sall à la tête du nouveau parti. Le discours du nouveau leader de Taxawu Sénégal a offert une analyse incisive de la conjoncture nationale, mettant en lumière des « interrogations profondes » et des « difficultés réelles » auxquelles les citoyens sont confrontés au quotidien. « Que ce soit en ville ou à la campagne, dans les quartiers ou les villages, une constante s’impose : les Sénégalaises et les Sénégalais ont le sentiment, voire la conviction, que les promesses de justice sociale, de prospérité et de transparence demeurent lettre morte », a-t-il affirmé devant une assemblée attentive.

Le dirigeant socialiste a brossé un tableau sombre d’une crise sociale généralisée au Sénégal. Il a évoqué la quête de reconnaissance des enseignants, les conditions d’études précaires des étudiants, les revendications des travailleurs pour de meilleures conditions, et la vulnérabilité économique croissante des paysans, des pêcheurs et des femmes. Il a notamment souligné le « désarroi total » des agriculteurs et l’« épuisement progressif des ressources halieutiques », menaçant l’économie maritime du pays. Khalifa Sall a également insisté sur la situation critique de la jeunesse, confrontée à un chômage endémique et à une résurgence de l’émigration clandestine.

« Une jeunesse qui vacille, c’est toute la Nation qui tremble. Car une jeunesse sans cap est l’annonce d’un avenir sans élan », a-t-il martelé, avant d’ajouter une formule percutante : « Des jeunes qui cherchent du travail, on en trouve ; des jeunes qui trouvent du travail, on en cherche. » Face à ces défis structurels, Taxawu Sénégal propose une nouvelle offre politique, centrée sur la refondation du contrat social. Pour Khalifa Sall, cette transformation exige un « État impartial, sobre dans son fonctionnement et exemplaire dans sa gouvernance », ainsi qu’un accès amélioré des citoyens à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la protection sociale.

Le nouveau parti prône également une décentralisation accrue, s’appuyant sur des « collectivités autonomes et responsables », des budgets transparents et une gouvernance de proximité qui favorise activement la participation citoyenne. Sur le plan institutionnel, le président de Taxawu Sénégal a défendu l’impératif d’une justice indépendante et impartiale, dénonçant avec vigueur toute « justice sélective » et les restrictions des libertés publiques.

« Une démocratie sans opposition viable n’est qu’une autocratie qui s’ignore », a-t-il déclaré, se positionnant en ardent défenseur de la liberté d’expression, de la liberté de la presse et du pluralisme politique.

Le discours a également abordé les défis géopolitiques et économiques mondiaux. Khalifa Sall a appelé à une diplomatie sénégalaise ancrée dans « la paix, le multilatéralisme, la solidarité africaine et la souveraineté économique », face à un contexte international marqué par les conflits, les tensions et les crises économiques.

En présentant les piliers idéologiques de la formation politique, il a réaffirmé l’ancrage socialiste de Taxawu Sénégal. « Nous sommes des Socialistes. Nous ne pouvons pas accepter un modèle où les inégalités se reproduisent de génération en génération », a-t-il souligné. Le projet de société du parti repose, selon lui, sur un « triptyque structurant » : « l’Humain, l’Eau et la Terre », visant à promouvoir une économie « productive et distributive », génératrice de richesses et fondée sur un partage équitable des bénéfices de la croissance.

Dans un vibrant appel à l’unité des militants socialistes, Khalifa Sall a exhorté les diverses sensibilités de gauche à se fédérer autour d’une alternative crédible pour relever les défis actuels du pays. « Le Sénégal a besoin d’une opposition unie. L’unité fait notre force, elle fera notre victoire », a-t-il conclu sous les ovations des congressistes.