15 juillet 2026

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La rdc exige une refonte mondiale des minerais stratégiques à l’ONU

La RDC exige une refonte mondiale des minerais stratégiques à l’ONU : Kayikuamba dénonce les dysfonctionnements et pointe le Rwanda

logo des initiatives pour une gouvernance des minerais

La République démocratique du Congo a marqué les esprits lors de la Réunion de haut niveau sur les minerais critiques organisée par les Nations Unies. À cette tribune, la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikuamba, a livré un discours sans concession, plaidant pour une transformation radicale de la gouvernance mondiale des ressources naturelles.

Pour Kinshasa, l’heure n’est plus à la simple exportation de matières premières. Le pays exige désormais de bénéficier pleinement des retombées économiques générées par l’exploitation de ses minerais stratégiques — coltan, cobalt, cuivre et autres — essentiels à la transition énergétique mondiale.

Une vision ambitieuse : de fournisseur à acteur industriel

Dans un plaidoyer devant les représentants des États membres, Thérèse Kayikuamba a souligné que la transition énergétique ne saurait être qualifiée de « juste » si les pays producteurs comme la RDC continuent d’exporter leurs ressources sans en tirer une réelle valeur ajoutée.

« La véritable richesse ne réside pas dans l’extraction des minerais, mais dans la capacité à les transformer et à en maîtriser les chaînes de valeur », a-t-elle déclaré. Elle a appelé les partenaires internationaux à investir massivement dans les infrastructures locales, la recherche, les technologies et la modernisation de l’exploitation artisanale.

L’objectif affiché par la RDC ? Devenir un pôle africain de transformation industrielle autour des minerais critiques, en s’imposant comme un acteur clé des technologies vertes, des batteries électriques et des énergies renouvelables.

Le Rwanda directement mis en cause pour son rôle dans l’exploitation illicite

Au-delà des enjeux économiques, la ministre des Affaires étrangères a abordé la question des minerais dans son contexte sécuritaire. Elle a évoqué les conclusions du Groupe d’experts des Nations Unies, selon lesquelles des tonnes de coltan extraites illégalement dans l’Est de la RDC — notamment à Rubaya, qui couvre près de 15 % de la demande mondiale — auraient transité frauduleusement par le Rwanda.

Ces ressources, estimées à plus de 800 000 dollars américains mensuels, auraient alimenté les caisses du M23, mouvement armé soutenu par Kigali. « Comment expliquer que les Forces de défense rwandaises ne soient toujours pas sanctionnées, malgré ces éléments accablants ? », s’est interrogée la diplomate congolaise.

Pour Kinshasa, cette situation révèle les failles du système international dans la lutte contre le financement des conflits par l’exploitation illicite des ressources naturelles.

Vers un cadre international plus strict : minerais, paix et sécurité liés

Profitant de la présidence congolaise du Conseil de sécurité de l’ONU, Thérèse Kayikuamba a annoncé que la RDC plaide pour un cadre international renforcé, liant directement la gouvernance des ressources naturelles à la prévention des conflits, à la paix et au développement durable.

Elle a insisté sur la nécessité de responsabiliser tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement : producteurs, négociants, transformateurs, institutions financières et pays consommateurs. L’objectif ? Garantir une traçabilité rigoureuse des minerais pour combattre la fraude, la contrebande et le financement des groupes armés, sans nuire aux exploitants artisanaux légitimes.

Une offensive diplomatique aux répercussions géopolitiques

En portant ce message à l’ONU, la RDC ne se contente pas de défendre ses intérêts économiques. Elle cherche également à rééquilibrer les rapports de force dans la transition énergétique mondiale et à accroître la pression sur le Rwanda concernant l’exploitation illicite des ressources dans l’Est du pays.

Pour la diplomatie congolaise, cette intervention marque un tournant : la RDC ne sera plus un simple spectateur des chaînes de valeur mondiales, mais un acteur déterminé à faire entendre sa voix et à exiger une répartition plus équitable des richesses.