8 juin 2026

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La Sonamines renforce la surveillance de la filière aurifère au Cameroun

La Société nationale des Mines (Sonamines) intensifie ses opérations de contrôle auprès des acteurs de l’extraction d’or au Cameroun. Suite à une inspection rigoureuse dans les bassins de l’Adamaoua et de l’Est, zones névralgiques de la production artisanale et semi-mécanisée, le directeur général Serge Hervé Boyogueno a dressé un bilan sans concession. Entre rendements insuffisants, insolvabilité de certains opérateurs et dégradations écologiques, la gestion actuelle de la ressource menace la souveraineté économique du pays.

Un état des lieux alarmant sur les sites miniers

Les missions de terrain menées par la Sonamines visaient à confronter les engagements contractuels des détenteurs de permis à la réalité de leur exploitation. Le constat est sans appel : une part importante des sociétés ne respecte pas les quotas de production fixés. Ce manque de productivité s’accompagne souvent d’une incapacité financière à honorer les redevances dues à l’État.

Si la Sonamines assure le suivi technique et documente ces manquements, le pouvoir de sanction reste entre les mains du ministère des Mines. C’est à cette autorité de tutelle qu’il reviendra de trancher sur d’éventuelles suspensions ou retraits définitifs de titres miniers pour les entreprises défaillantes.

Défis environnementaux et lutte contre les circuits illicites

L’impact écologique de l’activité minière figure également au cœur des préoccupations. La Sonamines pointe du doigt l’absence de réhabilitation des terres après exploitation, ainsi que l’usage non maîtrisé de substances toxiques comme le mercure et le cyanure. Ces pratiques mettent en péril la santé des populations locales et la pérennité des écosystèmes dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua.

Parallèlement, l’opacité du commerce de l’or reste un obstacle majeur. Une quantité non négligeable de la production nationale s’évapore dans des réseaux de contrebande, privant le pays de ressources fiscales essentielles. Pour contrer ce phénomène, l’organisme public prévoit de durcir les règles de déclaration et de centraliser davantage la collecte via des structures agréées.

L’ambition d’une réserve d’or souveraine pour le Cameroun

L’objectif final de ce tour de vis réglementaire est la création d’un stock stratégique national d’or. En constituant ses propres réserves métalliques, le Cameroun souhaite stabiliser son économie et se protéger contre les fluctuations financières internationales, à l’instar d’autres puissances minières du continent. Cette stratégie de captation de la valeur ajoutée nécessite une réorganisation profonde du secteur.

Pour réussir ce pari, la Sonamines devra convaincre les exploitants de réintégrer les circuits formels en proposant des conditions d’achat attractives, tout en collaborant avec les services de douane et de sécurité pour sécuriser les frontières. Les décisions futures du ministère des Mines seront déterminantes pour l’avenir de cette réforme qui place l’or au centre des enjeux de souveraineté nationale.