Le Nuclear Energy Innovation Summit for Africa se déroule actuellement à Kigali, au Rwanda, réunissant un parterre de dirigeants du continent. Ce 19 mai, le président du Togo, Faure Gnassingbé, a pris la parole pour exposer sa vision du développement de l’atome civil. Il a plaidé pour une coopération mutuellement bénéfique entre les nations africaines et les acteurs internationaux du secteur de l’énergie, marquant ainsi les ambitions croissantes du continent.
S’adressant à l’assemblée, le chef de l’État togolais a clairement rejeté toute forme d’assistanat technologique. « L’Afrique ne demande pas qu’on lui fasse l’aumône d’une technologie. L’Afrique propose plutôt un partenariat. L’Afrique propose un marché. L’Afrique propose une vision adulte de sa propre énergie », a-t-il martelé avec conviction.
Une volonté affirmée de peser dans le nucléaire civil
Ce plaidoyer intervient dans une période d’accélération des programmes nucléaires civils sur le sol africain. L’Égypte progresse dans la réalisation de sa centrale d’El Dabaa grâce à un soutien technique et financier international. De son côté, l’Afrique du Sud demeure pour l’instant la seule nation du continent à exploiter une infrastructure opérationnelle avec la centrale de Koeberg.
De nombreux autres pays africains ont entamé des concertations avec des partenaires mondiaux pour renforcer leurs capacités de production électrique. L’objectif est de répondre à une demande énergétique en pleine explosion et de pallier les manques chroniques d’accès à l’électricité.
Les déclarations de Faure Gnassingbé illustrent une volonté de changer de paradigme dans les négociations technologiques. L’accent est désormais mis sur la dimension économique et l’importance stratégique du marché africain.
Ressources naturelles et défis technologiques
Le continent possède des atouts majeurs, notamment d’importantes réserves d’uranium. Des pays comme le Niger et la Namibie se positionnent parmi les producteurs mondiaux de ce minerai indispensable au fonctionnement des réacteurs nucléaires.
Toutefois, malgré cette richesse en matières premières, les États africains font face à une forte dépendance vis-à-vis des puissances industrielles étrangères pour la conception et la maintenance des installations. Les projets actuels reposent donc essentiellement sur des accords techniques avec des nations disposant d’un savoir-faire nucléaire avancé.
Compétences, régulation et enjeux financiers
Au-delà de la technologie, le sommet de Kigali a mis en lumière les besoins structurels du continent. Les experts soulignent l’urgence de former des ingénieurs hautement qualifiés et des spécialistes de la sûreté nucléaire. La création d’organismes de régulation indépendants est également jugée indispensable avant tout déploiement d’envergure.
Enfin, la question du financement reste centrale. Ces chantiers, qui se chiffrent en milliards de dollars et s’étendent sur plusieurs décennies, nécessitent une solidité financière importante. Les prochaines étapes consisteront à concrétiser les accords de coopération évoqués lors du sommet et à structurer les politiques nationales pour intégrer l’atome dans le mix énergétique africain.

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