1 juillet 2026

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Le Gabon reprend le contrôle de ses eaux : fin du pacte de pêche avec l’Union européenne

La rupture de l’accord avec l’Union européenne marque un tournant décisif dans la stratégie de souveraineté économique du pays.

Le 29 juin 2026 s’inscrit désormais comme une date historique pour l’économie du Gabon. Après près de deux décennies de partenariat halieutique avec l’Union européenne, Libreville a pris la décision de ne pas reconduire l’accord qui encadrait l’exploitation de ses ressources marines par les flottes étrangères.

Cette initiative traduit une mutation profonde de la vision stratégique des autorités gabonaises. Loin d’être une simple fin de contrat, ce choix vise à replacer les richesses nationales au sommet des priorités de développement du pays. En mettant un terme à ce mécanisme instauré en 2007, le gouvernement manifeste sa volonté de consolider sa souveraineté économique et de s’éloigner d’un modèle basé sur l’exportation brute de matières premières.

Cette nouvelle orientation, portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, ambitionne de transformer la valorisation locale des ressources naturelles en un pilier central de la croissance gabonaise.

La fin d’un modèle jugé inéquitable

Pendant dix-neuf ans, l’accord de pêche a permis aux navires européens de prélever des ressources dans les eaux territoriales du Gabon. Bien que présenté à l’origine comme un levier de coopération, ce système a révélé ses failles au fil du temps. Les analyses montrent que les bénéfices économiques directs pour l’État gabonais sont restés limités par rapport au potentiel réel de son domaine maritime.

L’essentiel des captures était acheminé vers les marchés mondiaux sans subir de transformation sur le sol gabonais. Ce manque à gagner a entravé la création d’emplois locaux, le transfert de technologies et le développement d’une valeur ajoutée significative. Dans un environnement international où les nations productrices cherchent à maîtriser leurs chaînes de valeur, ce statu quo n’était plus en adéquation avec les aspirations nationales.

Cette décision s’inscrit dans une tendance plus large sur le continent africain, où de nombreux gouvernements réévaluent leurs partenariats internationaux pour assurer une redistribution plus juste des richesses issues de leurs ressources stratégiques.

Faire de la pêche un moteur de croissance locale

L’arrêt de ce partenariat ouvre la voie à une politique halieutique renouvelée. L’objectif est clair : faire de la pêche un véritable levier de diversification de l’économie. Cette stratégie repose sur plusieurs piliers fondamentaux :

  • L’industrialisation : Créer des usines de transformation locale pour valoriser les produits de la mer avant toute exportation.
  • La sécurité alimentaire : Garantir un meilleur approvisionnement des marchés intérieurs pour les populations.
  • Le soutien au secteur privé : Encourager l’émergence d’entreprises nationales capables de s’imposer sur les segments clés de la filière.

Ce changement de cap devrait stimuler les investissements dans la logistique, la chaîne du froid et l’agroalimentaire. Avec une façade maritime de 800 kilomètres, le Gabon possède les atouts nécessaires pour bâtir une économie bleue performante et pérenne.

Une ambition de souveraineté nationale

Au-delà du secteur de la pêche, cette décision symbolise une nouvelle ère pour le développement économique du pays, axée sur la maîtrise des ressources stratégiques. Le défi consiste maintenant à transformer cette impulsion politique en succès tangibles. La réussite de cette mutation dépendra de la capacité à moderniser les infrastructures et à former une expertise locale qualifiée.

En privilégiant la transformation sur place plutôt que l’extraction brute, le Gabon envoie un message fort : celui d’une nation qui choisit d’utiliser ses ressources comme un outil de prospérité pour ses propres citoyens avant de servir de base d’approvisionnement globale.