La Cour suprême de Mauritanie a rendu sa décision finale concernant l’ancien président Mohamed ould Abdel Aziz. Si le jugement de la Cour d’appel de Nouakchott est partiellement infirmé, les accusations principales d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent ont été maintenues. En revanche, les chefs d’accusation pour abus de pouvoir et trafic d’influence ont été écartés, sans pour autant modifier la peine initialement prononcée en appel.
Avec l’épuisement des voies de recours judiciaires, une nouvelle perspective s’ouvre : celle d’une éventuelle grâce présidentielle. Cette possibilité pourrait être favorisée par l’intervention de médiateurs au sein de la société mauritanienne, et potentiellement avec le soutien de partenaires de la Mauritanie.
Cette situation est d’autant plus délicate que l’actuel chef de l’État, Mohamed Cheikh Ghazouani, et son prédécesseur, Mohamed ould Abdel Aziz, partagent une longue histoire. Ils sont en effet amis depuis quatre décennies, ayant tous deux suivi une formation d’officiers généraux au Maroc.
Du côté de la partie civile, Maître Lô Gourmo, avocat représentant l’État, analyse ce verdict. Il souligne que la Cour suprême a invalidé une partie de la décision d’appel en abandonnant les charges de trafic d’influence et d’abus de pouvoir. Cependant, il précise que les piliers du dossier, à savoir l’enrichissement illicite, le blanchiment et le recel, ont été confirmés et constituent le fondement de la sentence.
L’avocat ajoute une précision juridique importante : le rejet des accusations liées à l’abus de pouvoir et au trafic d’influence permet d’éviter une complexité constitutionnelle. Une condamnation sur ces points aurait en effet soulevé la question de la compétence de la Haute Cour de Justice, comme le prévoit l’article 93 de la loi fondamentale, une voie que le Conseil Constitutionnel avait déjà écartée.
Pour la société civile, la réaction est plus mitigée. Mohamed Mahmoud Tolba, de l’organisation Mauritanie Transparency, exprime un regret. Son organisation espérait un procès d’une plus grande envergure qui aurait inclus l’ensemble des personnalités suspectées de dilapidation des biens publics. Il déplore que seul le cas de l’ex-président Aziz ait été mené à son terme. Néanmoins, il garde l’espoir que ce procès, malgré ses limites, puisse marquer le début d’une nouvelle ère de gouvernance en Mauritanie.

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