29 avril 2026

Niger : deux flambées d’épidémies simultanées, la polio et le coronavirus en tête

Le Niger confronté à une double menace sanitaire : polio et Covid-19

Alors que la pandémie de coronavirus continue de sévir au Niger, le pays fait face à une résurgence inquiétante de la poliomyélite, avec deux cas confirmés dans les régions de Niamey et Tillaberi.

Cas de polio au Niger : illustration des défis sanitaires

Deux virus, deux modes de transmission

Bien que le coronavirus et la polio soient deux maladies distinctes, leurs symptômes initiaux peuvent prêter à confusion. Le Covid-19 se transmet principalement par les voies respiratoires, tandis que le poliovirus circulant dérivé d’un vaccin (PVDVc) se propage par la consommation d’eau ou d’aliments contaminés, ou encore par des mains non lavées.

Les signes cliniques communs (fièvre, céphalées, toux) compliquent davantage le diagnostic différentiel dans un contexte où les systèmes de santé sont déjà sous pression.

Un double défi pour le système de santé nigérien

Le Dr Pascal Mkanda, coordinateur du programme d’éradication de la polio pour la Région africaine, alerte : « Le Niger avait maîtrisé les précédentes épidémies grâce à des campagnes de vaccination de masse d’une grande efficacité en 2019. Cependant, la pandémie de Covid-19 a contraint à suspendre ces opérations en raison des protocoles stricts de distanciation sociale et d’hygiène. »

Cette pause dans les campagnes vaccinales coïncide avec l’apparition de nouveaux cas de polio dans deux régions clés du pays, rappelant les vulnérabilités du système sanitaire face aux épidémies simultanées.

Le Niger rejoint une liste alarmante de pays touchés

Avec 15 pays africains désormais concernés par des flambées de PVDVc, dont l’Angola, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo et le Mali, le Niger s’inscrit dans une tendance régionale inquiétante.

Plusieurs facteurs expliquent cette propagation :

  • Une couverture vaccinale de routine insuffisante
  • Des taux de refus de vaccination élevés
  • Des difficultés d’accès géographique à certaines populations
  • Des campagnes de vaccination de moindre qualité

Un risque accru de paralysie infantile

Le Dr Mkanda met en garde : « Le poliovirus continuera inévitablement à circuler, avec un risque accru de paralysie pour les enfants non vaccinés. Sans campagnes de vaccination de qualité réalisables à court terme, la situation pourrait s’aggraver. »

Bien qu’il n’existe pas de traitement contre la polio, cette maladie reste évitable grâce à un vaccin sûr et efficace. Des efforts sont actuellement déployés au Niger et dans d’autres pays africains pour renforcer rapidement l’immunité des enfants et les protéger contre cette menace.