31 mai 2026

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Nuit de liesse et de tensions à Paris après le deuxième titre européen du PSG

Les cris à la gloire de Safonov déchiraient l’air au moment où Gabriel a expédié son ballon dans les tribunes de Budapest. Sur les Grands Boulevards, l’ambiance était déjà électrique : dès la réussite du premier tir au but par Gonçalo Ramos, les premiers fumigènes coloraient la nuit parisienne. Dans les bars saturés de monde, seuls les plus grands parvenaient à entrevoir les écrans, tandis que la foule massée à l’extérieur réagissait aux vagues de bruit s’échappant des établissements.

Le dénouement, marqué par l’échec du joueur brésilien d’Arsenal, a provoqué une explosion de joie immédiate, transformant rapidement la chaussée en un immense chaos festif. Cette euphorie a toutefois été de courte durée pour certains : les CRS positionnés à proximité sont intervenus en faisant usage de gaz lacrymogène pour disperser les groupes les plus turbulents. Un mouvement de panique s’en est suivi, les supporters tentant de se protéger le visage tout en fuyant les émanations irritantes.

Un bilan de 131 interpellations dans la capitale

Malgré les yeux rougis et les quintes de toux, la marée humaine s’est dirigée vers les Champs-Élysées, à pied ou via les rares bouches de métro encore ouvertes. Sur la célèbre avenue, un dispositif de sécurité rigoureux imposait des fouilles systématiques à chaque point d’accès. Cela n’a pas empêché l’utilisation massive de pièces d’artifice, tirées au milieu de la foule. Les chants célébrant Ousmane ou rappelant les années d’attente ont résonné jusque tard, seulement interrompus par les charges sporadiques des forces de l’ordre pour maintenir le passage.

Ce face-à-face entre les autorités et les quelque 20 000 personnes présentes s’est étiré tout au long de la soirée. Selon les chiffres officiels, 131 individus ont été interpellés et un membre des forces de l’ordre a été blessé. Si ce bilan reste notable, il est nettement inférieur aux incidents recensés en 2025 lors du précédent sacre face à l’Inter Milan. Un agent de police déployé près de la rue du Colisée notait d’ailleurs une relative accalmie par rapport aux débordements de l’an passé.

Des feux d'artifice éclatent devant les CRS, samedi soir à Paris. (A. Saboor/Reuters)

L’effet de l’habitude ou la fatigue liée à une journée de chaleur extrême (le mercure ayant atteint 37 degrés) a sans doute tempéré les ardeurs. « On est plus sereins cette fois, on sait ce que c’est », expliquait Benji, un habitué du Parc des Princes. Entre les concerts de klaxons rue La Boétie et les débris de pétards jonchant les Grands Boulevards, les traces de la célébration étaient omniprésentes. La forte présence policière sur le boulevard Montmartre en fin de soirée témoignait cependant de la tension persistante après le coup de sifflet final.

Depuis le triomphe de l’équipe nationale en 2018, Paris n’avait jamais connu une telle affluence pour un événement sportif. Dès le matin, l’effervescence était palpable dans les rues de la capitale et de la banlieue, comme à Ivry, où les discussions ne tournaient qu’autour du choc face à Arsenal. La vente de mortiers d’artifice sur les réseaux sociaux laissait présager une nuit agitée. Tard dans la nuit, alors que l’odeur de la poudre flottait encore dans l’air du Faubourg-Montmartre, le constat était sans appel : le PSG est à nouveau sur le toit de l’Europe.