30 mai 2026

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Offensive majeure au Mali : alliance Touaregs-djihadistes défie la junte

offensive majeure au Mali : alliance Touaregs-djihadistes défie la junte

Une offensive coordonnée menée par des rebelles touaregs et des groupes djihadistes a plongé le Mali dans une crise sécuritaire sans précédent. Selon les autorités militaires, cette stratégie concertée s’inscrit dans un plan de déstabilisation impliquant des acteurs internes et externes.

une attaque d’ampleur dans sept villes maliennes

Samedi 25 avril, des attaques simultanées ont été lancées dans sept localités :

  • Bamako et sa banlieue de Kati ;
  • Konna, Mopti et Sévaré, au centre du pays ;
  • Gao et Kidal, dans le nord du Mali.

Parmi les cibles visées figurent :

  • la résidence présidentielle ;
  • le ministère de la Défense ;
  • l’aéroport international Modibo Keïta ;
  • des positions militaires à Kati, Gao, Kidal et Sévaré.

Les assaillants ont utilisé des véhicules piégés, des drones kamikazes, des engins explosifs improvisés et des tirs indirects. Les combattants neutralisés s’élèveraient à plus de 200, selon les Forces armées maliennes (FAMA).

une alliance tactique entre Touaregs et djihadistes

Cette coordination entre les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) marque un tournant stratégique. Bien que leurs objectifs politiques diffèrent – autonomie pour les Touaregs, instaurer un État islamique pour les djihadistes –, leur collaboration tactique repose sur un ennemi commun : la junte militaire de Bamako et ses alliés russes.

le rôle des accords d’Alger et leur effondrement

Les accords d’Alger de 2015, signés entre Bamako et les groupes touaregs, ont été rompus fin 2023. Ce retrait a été suivi par le redéploiement de l’armée malienne dans le nord, poussant les Touaregs à chercher des alliances alternatives. En mai 2024, un accord de non-agression a été signé entre le FLA et le JNIM.

Kidal : un bastion perdu

La ville de Kidal, bastion militaire du nord-ouest, est désormais sous contrôle des insurgés. Les Forces armées maliennes ont entamé un redéploiement vers la localité d’Anefis, tout en maintenant une présence militaire dans la région.

la junte militaire et ses alliés russes en difficulté

Le Corps d’Afrique, une force paramilitaire russe, a annoncé avoir quitté Kidal « en accord avec les autorités maliennes ». Cette décision fait suite à un retrait stratégique face à l’offensive insurgée. Selon les communiqués russes, les combattants ont neutralisé plus de 1 000 djihadistes et détruit plus de 100 véhicules.

Cependant, des sources locales rapportent des combats intenses dans la région, avec des pertes humaines et des retraits tactiques des positions défensives.

un bilan humain lourd pour les autorités

Parmi les victimes figurent :

  • Sadio Camara, ministre de la Défense, tué lors d’un attentat-suicide contre sa résidence à Kati ;
  • Modibo Koné, chef de l’Agence nationale de sûreté de l’État, blessé par balle ;
  • plusieurs civils et soldats.

Le gouvernement a décrété deux jours de deuil national et confirmé la sécurité de la résidence présidentielle.

une situation sécuritaire en crise

Face à la détérioration, un couvre-feu de 72 heures a été instauré à Bamako, et l’aéroport international Modibo Keïta est resté fermé. Les autorités affirment que la situation est sous contrôle, mais les opérations de ratissage se poursuivent dans plusieurs zones.

une possible implication ukrainienne

Des analystes évoquent un soutien logistique de l’Ukraine aux rebelles touaregs, notamment via le GUR, le service de renseignement militaire ukrainien. Kiev a cependant nié toute collaboration directe avec des groupes classés comme terroristes.

Cette coordination pourrait s’inscrire dans une stratégie plus large visant à affaiblir les intérêts russes en Afrique, forçant Moscou à redéployer des ressources.

que retenir de cette offensive ?

Cette offensive coordonnée révèle :

  • une alliance tactique entre Touaregs et djihadistes ;
  • un affaiblissement des FAMA face aux insurgés ;
  • un redéploiement stratégique des alliés russes ;
  • une crise humanitaire croissante.

La situation au Mali reste extrêmement volatile, avec des conséquences régionales potentielles.