Récemment écarté de ses fonctions de Premier ministre, Ousmane Sonko a brisé le silence pour appeler à une concertation nationale sincère. Le leader du Pastef souhaite ainsi prévenir tout risque de basculement du Sénégal dans une nouvelle période d’instabilité, alors que la formation du dernier gouvernement par le président Bassirou Diomaye Faye cristallise les mécontentements.

Une rupture consommée entre alliés de longue date
Pour la première fois depuis son limogeage survenu le 22 mai, le président de l’Assemblée nationale s’est exprimé sur la fin de sa collaboration avec son ancien compagnon de route. Cette séparation brutale découle de divergences majeures, notamment concernant la gestion de la dette publique et certaines orientations stratégiques jugées problématiques par le chef de l’État.
Lors d’une intervention publique à Dakar, Ousmane Sonko a révélé que ses récentes prises de position auraient incommodé le président Bassirou Diomaye Faye, menant à son éviction. Malgré ce divorce politique, il assure que ses partisans ne chercheront pas à bloquer systématiquement l’action gouvernementale.
Un gouvernement jugé sans légitimité politique
Le nouveau cabinet ministériel, composé de 30 membres, ne trouve pas grâce aux yeux du leader du Pastef. Ce dernier a vivement critiqué la méthode de nomination, estimant que la constitution d’un gouvernement est une affaire trop sérieuse pour être traitée avec légèreté. Selon lui, l’équipe actuelle manque cruellement de représentativité et de fondement politique solide.
« Nous sommes de fait dans une situation de cohabitation », a martelé l’actuel occupant du perchoir. Il a rappelé que le président ne dispose d’aucun député en son nom propre, contrairement au Pastef qui détient une majorité écrasante de 130 sièges sur 165 à l’Assemblée nationale. Cette réalité institutionnelle impose, selon lui, un retour à la table des discussions.
Éviter le spectre des violences passées
Tout en affirmant sa capacité à faire tomber le gouvernement en 72 heures par une motion de censure, Ousmane Sonko a choisi la voie de la retenue. Il privilégie l’intérêt supérieur de la nation pour ne pas effrayer les investisseurs et préserver la paix sociale. L’objectif affiché est d’éviter au Sénégal de revivre les heures sombres des années 2021 à 2024, marquées par des répressions sanglantes et la mort de nombreux jeunes manifestants.
Le chef de file des patriotes a conclu en appelant la jeunesse au calme face aux provocations, tout en soulignant que la réussite de ce dialogue dépendra de la volonté mutuelle des deux parties.

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