1 juillet 2026

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Réforme constitutionnelle au Sénégal : la société civile exige un référendum sans manœuvres

Le paysage politique au Sénégal traverse une phase de clarification majeure. Suite à l’adoption par l’Assemblée nationale, le lundi 29 juin, du projet de réforme constitutionnelle porté par les parlementaires du Pastef, le mouvement citoyen Y’en a marre est sorti du silence. Actif depuis une quinzaine d’années, le collectif insiste sur la nécessité de soumettre ce texte à un référendum avant toute promulgation, rejoignant ainsi la proposition formulée par le président Bassirou Diomaye Faye.

Toutefois, cette adhésion au principe de la consultation populaire s’accompagne d’une mise en garde sévère. Le mouvement dénonce un climat politique délétère marqué par ce qu’il qualifie de « calculs politiques » et de « magouilles », regrettant le retour de méthodes que l’on pensait révolues.

Pour les leaders du collectif, les enjeux de cette révision constitutionnelle semblent masquer la persistance du duel politique entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Aliou Sané, fondateur de Y’en a marre, soutient l’idée du référendum mais exige des garanties de transparence. Selon lui, cette annonce ne doit en aucun cas constituer une stratégie de diversion visant à bloquer l’élan du Pastef. Il appelle à ce que les citoyens disposent de toutes les clés de compréhension pour décider souverainement de l’avenir des institutions.

Des accusations de stigmatisation dénoncées

Le collectif exprime également son amertume face à la résurgence de pratiques visant à discréditer les voix dissidentes. Depuis qu’il a manifesté ses réserves sur la méthode employée par le Pastef, le mouvement affirme être la cible d’attaques de la part de certains cadres et sympathisants du parti au pouvoir, qui l’assimilent à un « lobby LGBT ». Cette accusation est particulièrement lourde dans le contexte sénégalais, où la législation contre l’homosexualité a été durcie en mars dernier.

« Ce sont des procédés que nous avons déjà connus sous les présidences d’Abdoulaye Wade et de Macky Sall », déplore le mouvement. Le collectif rappelle avec ironie que ceux qui occupent aujourd’hui le pouvoir s’indignaient de ces mêmes accusations lorsqu’ils étaient dans l’opposition aux côtés de la société civile.

Enfin, Y’en a marre a fermement condamné les interpellations survenues aux abords de l’Assemblée nationale le jour du vote. Douze individus, dont neuf jeunes militants de l’opposition issus d’Alternative pour la relève citoyenne (ARC), avaient été arrêtés pour « troubles à l’ordre public » et participation à un rassemblement non autorisé. Bien qu’ils aient été libérés quelques heures plus tard, ces incidents renforcent les inquiétudes de la société civile sur le respect des libertés publiques durant ce processus de réforme.