10 juin 2026

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Rwanda et m23 accusés de crimes de guerre dans l’est de la RDC

des milliers de victimes dans des camps militaires contrôlés par le m23 et kigali

Illustration des camps militaires du M23 dans l'est de la RDC

NAIROBI – Une enquête approfondie révèle que des forces rwandaises et le groupe armé M23 ont orchestré, depuis mi-2024, des opérations de recrutement forcé et de détention systématique à l’encontre de civils et de combattants congolais dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les témoignages recueillis, les images satellite et les reconstructions 3D confirment l’existence de camps de formation militaire à Rumangabo et Tshanzu, où les conditions de détention équivalent à des crimes de guerre.

des méthodes brutales et des crimes documentés

Le rapport de 87 pages, basé sur des entretiens avec 102 anciens détenus, des témoignages de rescapés et des preuves géolocalisées, décrit des scènes de torture, d’exécutions sommaires et de travail forcé. Les victimes, dont des enfants dès 12 ans, ont subi des bastonnades, des privations de nourriture et d’eau, ainsi que des violences sexuelles. Plusieurs fosses communes ont été identifiées, mais le nombre exact de morts reste incertain en raison des entraves à l’accès aux sites.

Les anciens détenus ont précisé que les soldats rwandais, reconnaissables à leurs uniformes et à leur incapacité à parler français ou kiswahili, participaient activement aux rafles et aux séances de torture. Des sources militaires et onusiennes confirment cette présence directe des forces de Kigali dans les camps, suggérant une responsabilité pénale du Rwanda pour les agissements du M23.

un recrutement forcé à grande échelle

Les tactiques employées par le M23 incluent des embuscades sur les routes, des arrestations dans des lieux publics (hôpitaux, églises, écoles) et des convocations sous de faux prétextes. Les victimes étaient ensuite transférées en camion vers les centres de formation, où elles subissaient un entraînement militaire brutal. Les enfants étaient particulièrement ciblés : certains ont été forcés de devenir gardes ou bourreaux pour maltraiter les autres détenus.

Un ancien détenu de Tshanzu a raconté : « J’étais étudiant, je n’avais jamais vu de cadavre. Ils m’ont forcé à enterrer des corps à sept reprises. »

l’impunité favorise un cycle de violence prolongé

Malgré les allégations répétées, ni le Rwanda ni les autorités du M23 n’ont mené d’enquêtes crédibles. Les partenaires internationauxNations Unies, Union africaine, Union européenne – sont appelés à suspendre leur coopération militaire avec Kigali et à imposer des sanctions ciblées contre les responsables. La Cour pénale internationale est également invitée à enquêter sur ces crimes contre l’humanité.

Les autorités congolaises, quant à elles, doivent préserver les preuves des exactions commises à Rumangabo et Tshanzu et engager des procédures judiciaires pour garantir la justice aux victimes.

un appel à l’action internationale

Les crimes documentés révèlent une stratégie délibérée de déstabilisation dans l’est de la RDC. Les gouvernements occidentaux et les organisations régionales doivent agir sans délai pour mettre fin à l’impunité et protéger les populations civiles. Le temps de l’inaction est révolu.