Le paysage politique du Sénégal traverse une période de fortes turbulences. Alors que le président Bassirou Diomaye Faye doit s’entretenir ce vendredi avec Macky Sall, l’ancien chef de l’État, les interprétations vont bon train. Pour le politologue Moussa Diaw, cette rencontre aux enjeux stratégiques ne saurait entamer l’influence grandissante d’Ousmane Sonko auprès de la population.
Une manœuvre politique aux calculs précis
La réunion prévue au Palais de l’Avenue Roume entre les deux hommes dissimule des ambitions politiques majeures. Interrogé ce matin sur les ondes, Moussa Diaw, professeur en sciences politiques à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis, a analysé cette initiative sous tous ses angles.
Selon lui, Bassirou Diomaye Faye, qui doit officialiser la création de sa propre formation politique le 8 août après sa rupture avec Ousmane Sonko, cherche activement des soutiens. Cette quête s’inscrit dans une perspective électorale à moyen terme : les municipales de 2027 et la présidentielle de 2029.
« Diomaye Faye adopte une posture de rassemblement pour consolider sa base. » — Pr Moussa Diaw
Du côté de Macky Sall, les motivations sont multiples. En plus d’obtenir l’appui de l’État sénégalais pour briguer le poste de Secrétaire général de l’ONU, le leader de l’APR tente de sauver son parti, asphyxié financièrement.
« Ce rapprochement pourrait offrir à l’APR l’opportunité de nouer des alliances avec Diomaye Faye. Cela lui donnerait accès à des moyens financiers essentiels. Un parti privé de pouvoir perd aussi ses ressources, car le système politique sénégalais repose sur le clientélisme et la redistribution. »
Sonko conserve son emprise sur l’électorat
Certains y voient une tentative d’affaiblir Ousmane Sonko, mais Moussa Diaw réfute cette hypothèse. Le dirigeant du Pastef, majoritaire à l’Assemblée, maintient une avance significative grâce à son ancrage populaire.
« L’ascendant de Sonko reste intact »
Pour illustrer son propos, l’universitaire souligne les récents déplacements du Premier ministre pastefiste à l’intérieur du pays :
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Une mobilisation toujours forte : Son passage à Touba pour l’inauguration de la permanence du Pastef a confirmé sa capacité à mobiliser rapidement les foules.
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Le soutien de la jeunesse : L’adhésion massive des jeunes à sa cause et à sa personne constitue le pilier de sa puissance politique.
Malgré les remous institutionnels et les ambitions affichées par Diomaye Faye, Ousmane Sonko conserve le contrôle sur le segment électoral le plus actif du pays. Les prochaines années s’annoncent riches en confrontations politiques.

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