Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a haussé le ton ce jeudi lors d’un conseil interministériel à Dakar, exigeant de son gouvernement une accélération immédiate pour finaliser et rendre opérationnels les nombreux projets d’infrastructures publiques en souffrance à travers le pays.
Le chef du gouvernement a souligné l’urgence de démanteler les obstacles administratifs, financiers et techniques qui paralysent des chantiers jugés stratégiques. Au total, pas moins de 62 projets sont actuellement bloqués. Parmi les plus emblématiques, on retrouve l’Université du Sine-Saloum El Hadj Ibrahima Niass, les aéroports régionaux de Saint-Louis, Matam et Kolda, le mémorial du bateau “Le Joola”, ainsi que la reconstruction de l’hôpital Aristide-Le-Dantec à Dakar.
Le secteur maritime et portuaire a fait l’objet d’une attention particulière. Le Premier ministre a enjoint la ministre en charge des Pêches et de l’Économie maritime à prendre les mesures qui s’imposent pour une exploitation rapide et performante des installations. Sont notamment concernés le port de Foundiougne-Ndakhonga, le quai de pêche de Ndangane Sambou, le point de débarquement de Soumbédioune et les sites de transformation de Rufisque. La mobilisation de partenariats public-privé est vivement encouragée pour atteindre cet objectif.
Afin de garantir un suivi rigoureux, Ousmane Sonko a annoncé la création d’un comité dédié au recensement et au suivi des décisions. Ce dernier sera chargé de mettre en œuvre les actions juridiques, administratives et financières nécessaires à la relance effective des chantiers. Le Premier ministre a insisté sur le fait que la finalisation de ces projets devra se conformer à des exigences strictes de qualité et de maîtrise des coûts.
Des échéances précises ont été fixées pour certains projets. C’est le cas des maisons de la jeunesse et de la citoyenneté en construction dans des villes comme Tivaouane, Mbour, Diourbel ou encore Tambacounda, qui devront être entièrement équipées et fonctionnelles au plus tard le 30 novembre 2026.
Le développement agro-industriel n’est pas en reste. Les fermes villageoises “Naatangué” et les agropoles en développement (Mpal, Adéane, Dioulacolon, Mbellacadiao) ont été au cœur des discussions. Ousmane Sonko a demandé aux ministères compétents de collaborer avec des partenaires privés pour concevoir des modèles d’exploitation viables, assurant à la fois la rentabilité et l’impact social de ces infrastructures.
Le chef du gouvernement a également plaidé pour une meilleure planification intégrant les réseaux essentiels d’eau, d’électricité et de télécommunications dès la conception des projets. Il a insisté sur la nécessité de prévoir des modèles de maintenance durable pour garantir la pérennité des ouvrages.
Enfin, une réflexion a été lancée sur la valorisation du patrimoine de l’État. Des options comme la location, les concessions de longue durée ou les baux emphytéotiques sont envisagées pour optimiser la gestion des stades, parcs nationaux, réserves naturelles et même du patrimoine immobilier des missions diplomatiques sénégalaises à l’étranger et des actifs fonciers des armées.

Plus d'histoires
Ousmane Sonko confirme l’application rigoureuse de la loi contre l’homosexualité au Sénégal
Ousmane Sonko confirme l’application de la loi contre l’homosexualité au Sénégal
Maimouna Sène recadre Ousmane Sonko sur la question de la reddition des comptes