Le Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20) a dressé un constat sans appel lors d’une rencontre organisée le 10 juin 2017 : la participation des chrétiens à la vie politique nationale demeure insuffisante. Cette organisation de la société civile, active depuis le début de l’année, s’est réunie à Mbour, au sud de Dakar, pour débattre de la thématique du leadership chrétien en politique.
Un déficit de leadership au sein des partis
Sous le parrainage du ministre des Forces armées, Augustin Tine, ce forum visait à préparer les consciences en vue des élections législatives du 30 juillet. Pour Emile Daly Diouf, président du MAC 20, il est impératif que les catholiques sortent de leur réserve. Bien que minoritaire dans le pays, la communauté doit viser une implication plus massive et structurée au sein des différentes instances de pouvoir.
Le constat est clair : si des chrétiens militent déjà au sein de diverses formations, ils peinent à atteindre des postes de décision stratégiques. « Nous souhaitons qu’ils occupent des places là où se prennent les grandes orientations du pays », a plaidé Emile Daly Diouf. Le mouvement n’exclut d’ailleurs pas de peser sur le scrutin présidentiel de 2019, non pas en présentant ses propres candidats, mais en apportant son soutien à des figures capables de porter leurs aspirations et de favoriser leur promotion interne.
Une représentativité parlementaire marginale
La situation actuelle à l’Assemblée nationale illustre parfaitement ce retrait. Hélène Tine, députée, souligne que sur les 150 sièges que compte l’hémicycle, seuls trois sont occupés par des chrétiens. Elle-même est l’unique représentante chrétienne parmi les 64 femmes parlementaires. Selon elle, cet état de fait résulte souvent d’un mauvais positionnement sur les listes électorales nationales, ce qui limite drastiquement les chances d’élection.
L’engagement politique est pourtant un devoir citoyen encouragé par les autorités religieuses. « Il est nécessaire que les chrétiens s’impliquent davantage, car ils sont très dynamiques dans leurs organisations sociales, mais encore trop en retrait de la gestion de la cité », a-t-elle ajouté. Pour préserver et enrichir la diversité sénégalaise, un effort de promotion de cette pluralité semble indispensable, tant au sein de la communauté chrétienne que des appareils politiques traditionnels.

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