15 mai 2026

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Sénégal : vers une bataille juridique contre les géants du pétrole

Sénégal : vers une bataille juridique contre les géants du pétrole

Le Sénégal affiche sa détermination à renégocier les contrats pétroliers en sa défaveur. Lors de l’Africa CEO Forum, Khadim Bamba Diagne, secrétaire permanent du Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz, a évoqué une possible recours à l’arbitrage international pour faire valoir les intérêts nationaux face à des géants comme BP et Woodside.

Cette annonce intervient alors que Dakar souhaite corriger rapidement les erreurs de jeunesse dans l’exploitation de ses ressources offshore. Les contrats actuels, prévoyant une durée d’exploitation de 30 à 50 ans, doivent être revus pour éviter que des déséquilibres ne s’installent durablement. « Mieux vaut agir maintenant que de regretter plus tard », a souligné le responsable.

Un secteur pétrolier sous haute tension

L’exploitation offshore du pétrole et du gaz au Sénégal impacte directement l’économie locale, notamment le secteur de la pêche, qui emploie entre 600 000 et 700 000 personnes. Khadim Bamba Diagne rappelle qu’un État responsable ne peut tolérer une exploitation qui pénalise une partie aussi importante de sa population sans en tirer des bénéfices équitables.

Le modèle actuel, où les externalités négatives restent aux pays africains tandis que les bénéfices sont captés par les multinationales, est clairement remis en cause. L’objectif ? Permettre aux pêcheurs et à l’État de bénéficier pleinement de la manne pétrolière, surtout dans un contexte de flambée des prix des hydrocarbures.

La hausse des prix, un levier pour le Sénégal

La récente envolée des cours du pétrole et du gaz renforce la position sénégalaise. Khadim Bamba Diagne observe que les compagnies se frottent les mains face à cette hausse, et que le Sénégal doit, lui aussi, en profiter. Tous les partenaires de la joint-venture doivent y trouver leur compte, insiste-t-il.

Le recours à l’arbitrage permettrait non seulement de clarifier les droits et obligations de chaque partie, mais aussi d’établir une jurisprudence pour les décennies à venir. Le Sénégal, qui a lancé l’exploitation de ses ressources, ignore encore la durée de cette dernière. D’où l’importance de poser des bases solides dès maintenant.

Une stratégie pour l’avenir énergétique

Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de maîtriser les ressources naturelles et de garantir une répartition équitable des richesses. Le Sénégal mise sur une exploitation responsable, où les bénéfices sont partagés de manière transparente et durable.

Alors que les négociations pourraient s’intensifier, cette position ferme envoie un signal clair aux investisseurs : le pays entend défendre ses intérêts et ceux de ses citoyens.