13 juillet 2026

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Services intégrés pour les communautés nomades au Tchad

des soins de santé accessibles aux familles nomades du Tchad

À Mandjafa, en périphérie de N’Djamena, les familles nomades font face à un défi majeur : accéder aux services de santé essentiels malgré leur mode de vie itinérant. C’est dans ce campement que l’approche « une seule santé » prend tout son sens, en combinant vaccinations humaines et animales pour répondre aux besoins des communautés pastorales.

une journée dédiée aux soins intégrés

Pour Afia, mère de cinq enfants, cette journée organisée le 9 juin 2026 représente une opportunité inestimable. Venue avec sa fille Fatma, âgée de seulement quatre mois, elle en profite pour faire vacciner l’enfant et bénéficier de soins de prévention. « Les vaccins protègent mes enfants. Dès qu’ils tombent malades, je les emmène immédiatement au centre de santé », confie-t-elle avec soulagement. Comme elle, 134 bénéficiaires, dont 11 enfants, ont pu profiter des services proposés ce jour-là, parmi lesquels vaccination humaine et animale, supplémentation en vitamine A, déparasitage et distribution de moustiquaires imprégnées.

Les communautés nomades, qui représentent environ 3,5 % de la population tchadienne, vivent principalement de l’élevage. Leur mobilité constante et l’éloignement des infrastructures sanitaires rendent l’accès aux soins particulièrement difficile. Pourtant, ces familles doivent pouvoir compter sur une protection sanitaire adaptée à leur réalité.

l’approche « une seule santé » : une réponse adaptée aux besoins

Le Pr Mahamat Béchir, coordonnateur national de l’approche « une seule santé » et secrétaire permanent de la plateforme dédiée, explique l’importance de cette stratégie : « Les études menées au début des années 2000 ont révélé que les communautés nomades étaient très peu couvertes par les services de vaccination classiques. Nous avons dû repenser nos méthodes pour mieux répondre à leur mode de vie ».

L’un des atouts majeurs de cette approche réside dans son intégration des services vétérinaires. En associant les soins destinés aux animaux à ceux destinés aux humains, les équipes parviennent à toucher un plus grand nombre de familles lors d’une seule intervention. Youssouf Idriss, éleveur propriétaire de moutons, bovins et chameaux, en témoigne : « Mes animaux sont notre principale source de revenus et de nourriture. Leur santé est vitale pour notre survie ».

des résultats concrets sur le terrain

Sur place, les bénéfices sont immédiats. Raphaël Neni, agent vétérinaire expérimenté, observe une nette amélioration depuis le renforcement des campagnes de vaccination : « Les maladies animales diminuent, et les éleveurs constatent eux-mêmes les progrès ». Par ailleurs, ces interventions contribuent à réduire les risques de transmission de maladies entre animaux et humains, renforçant ainsi la sécurité sanitaire globale.

Au niveau national, la plateforme One Health joue un rôle clé en coordonnant les actions des ministères de la Santé, de l’Élevage, de l’Environnement et de l’Agriculture. Cette collaboration permet de mieux prévenir, surveiller et répondre aux menaces sanitaires, notamment face aux défis posés par les maladies zoonotiques et les changements climatiques.

un engagement international pour renforcer les capacités

L’Organisation mondiale de la Santé accompagne le Tchad depuis plusieurs années dans la mise en œuvre de cette approche. Son soutien porte notamment sur le renforcement de la plateforme One Health, l’évaluation du Règlement sanitaire international et la formation des acteurs locaux. Le Dr Tamadji Mbaïhol, en charge de la vaccination de routine, souligne l’importance de l’adaptation des services : « Les populations nomades sont très réceptives aux soins quand ceux-ci sont proposés là où elles se trouvent. Leur participation est alors maximale ».

Cette synergie entre les différents secteurs et partenaires techniques a permis de progresser sur des priorités communes en matière de santé publique. Le Pr Mahamat Béchir ajoute : « L’appui de l’OMS a été déterminant pour consolider cette collaboration et avancer ensemble sur des enjeux sanitaires partagés ».

un modèle à suivre pour les communautés mobiles

Alors que les équipes continuent leurs tournées auprès des familles et des éleveurs, Afia s’apprête à rentrer chez elle, convaincue par l’efficacité de ces interventions intégrées. Son conseil aux autres parents est simple mais essentiel : « Quand un enfant tombe malade, il faut agir vite et l’emmener au centre de santé. Cela fait toute la différence pour sa santé ».

À Mandjafa, l’approche One Health prouve qu’il est possible de rapprocher les services essentiels des communautés nomades, tout en protégeant à la fois les populations et leurs moyens de subsistance.