Le climat politique s’alourdit au sein de l’hémicycle de Kinshasa. Lors de la séance plénière du 27 mai, une fracture nette s’est dessinée entre les différents blocs parlementaires, culminant avec le départ fracassant des élus du groupe Ensemble pour la République. Au cœur de cette discorde : l’examen d’une proposition de loi définissant les modalités d’organisation du référendum en République démocratique du Congo.
Cette initiative législative, portée par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, affiche l’ambition de moderniser un cadre juridique devenu obsolète, hérité de la période de transition de 2005. Pour ses défenseurs, il s’agit de mettre en adéquation les outils de consultation populaire avec les exigences constitutionnelles actuelles. Steve Mbikayi, député de Mont-Amba et figure de l’Union Sacrée de la Nation, soutient fermement cette démarche.
« La prérogative d’évaluer la pertinence des réformes constitutionnelles revient de plein droit à la majorité. La Constitution ne prévoit aucun droit de veto pour l’opposition en matière d’initiative de réforme. Seuls le Parlement, le Chef de l’État ou une pétition de 5 000 citoyens peuvent initier de tels changements. Tout le reste n’est que gesticulation », martèle Steve Mbikayi.
Une opportunité contestée par l’opposition
À l’opposé, les détracteurs du projet soulignent l’incohérence d’un tel débat face à l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo. Pour Christian Mwando, porte-parole du groupe Ensemble pour la République, s’engager sur cette voie reviendrait à ignorer la réalité du terrain et à fragiliser l’ordre constitutionnel.
« Nous demandons au Chef de l’État de mettre fin à ces initiatives qui risquent de légitimer l’instabilité dans l’Est. Le peuple congolais doit se dresser contre ce projet que nous considérons comme une menace pour la cohésion nationale et un complot visant la loi fondamentale », a déclaré Christian Mwando.
Vers une épreuve de force dans la rue
Le président de la chambre basse, Aimé Boji Sangara, a tenté de tempérer les débats en précisant que l’objectif est avant tout technique : offrir à l’État un instrument légal permettant l’expression populaire directe. Malgré la contestation, le rapport de la commission compétente a été jugé recevable, ouvrant la voie à des amendements futurs.
La confrontation quitte désormais les bancs de l’Assemblée pour gagner l’espace public. L’opposition a d’ores et déjà appelé à une journée « ville morte » le mercredi 3 juin. En réponse, les partisans du pouvoir prévoient une marche de soutien le même jour à Kinshasa et dans plusieurs chefs-lieux de province, laissant présager une semaine de haute tension politique.

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