3 août 2026

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Togo : comment la dette et la pauvreté s’accentuent sous Faure Gnassingbé

Alors que le Togo franchit une nouvelle étape institutionnelle avec l’adoption contestée d’une cinquième République, les chiffres économiques et sociaux peignent un tableau bien moins glorieux. Malgré les discours officiels sur la modernisation et la stabilité macroéconomique, la réalité du terrain révèle une situation financière et sociale de plus en plus inquiétante.

Un pays endetté au-delà des apparences

Depuis près de vingt-cinq ans, les institutions financières internationales et régionales déversent des milliards de francs CFA dans des projets d’infrastructures et de développement au Togo. Pourtant, ces investissements massifs peinent à générer des retombées tangibles pour l’économie locale.

La façade portuaire de Lomé, souvent présentée comme un symbole de réussite, ne reflète pas la santé réelle des finances publiques. Les promesses d’assainissement de la dette publique et de dynamisation des recettes fiscales restent largement inabouties.

Une dette qui étouffe l’économie

Le service de la dette absorbe une part disproportionnée du budget national, réduisant drastiquement les marges de manœuvre pour financer des secteurs clés comme l’éducation, la santé ou l’industrie. Les annonces répétées d’infrastructures, bien que nombreuses, ne se traduisent ni par une création d’emplois durable ni par une industrialisation réelle.

Un observateur averti de la scène économique sous-régionale résume la situation sans détour : « Les partenaires étrangers maintiennent leur soutien au Togo davantage par des considérations géopolitiques et sécuritaires que par une confiance aveugle dans l’efficacité de la gestion publique. »

La population togolaise paie le prix fort

Pendant que les fonds publics s’évaporent dans les méandres de l’administration, les ménages togolais subissent de plein fouet les conséquences d’une gestion économique hasardeuse. La dégradation du pouvoir d’achat est palpable, de Lomé aux zones les plus reculées du pays.

L’inflation persistante, couplée à une fiscalité accrue sur le secteur informel et à un manque criant d’opportunités professionnelles, a réduit l’accès aux biens essentiels. Les denrées alimentaires, les soins de base et même l’électricité deviennent des denrées rares pour une part croissante de la population.

Pour beaucoup, la transition vers un régime parlementaire et les réformes institutionnelles ne visent pas à instaurer une meilleure transparence financière, mais plutôt à réorganiser le pouvoir au sein de l’élite dirigeante, sans remise en question des pratiques passées.