30 mai 2026

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Vague d’arrestations au Tchad : l’opposition visée avant une manifestation

Neuf figures majeures de la coalition d’opposition, le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP), ont été interpellées au Tchad, juste avant une manifestation pacifique qu’elles s’apprêtaient à organiser.

Ces interpellations au Tchad s’inscrivent dans le cadre d’un arrêté de la Cour suprême, émis le vendredi 24 avril. Ce décret prononce la dissolution du GCAP, une importante coalition de partis d’opposition, et déclare ses activités illégales à l’échelle nationale. Cette mesure intervient alors que le GCAP avait prévu une marche de protestation le 2 mai.

Les autorités tchadiennes ont qualifié cette initiative de tentative de perturbation de l’ordre public.

Abdel Nasser Garboa, porte-parole du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), le parti au pouvoir, a exprimé son regret : « Il est toujours regrettable d’arrêter une personne, d’autant plus lorsqu’il s’agit de personnalités d’un certain âge et d’une stature importante. »

Analyse des événements par notre correspondant à N’Djamena

Il a ajouté : « Cependant, il est essentiel de considérer la position du gouvernement, qui s’efforce de maintenir l’ordre au sein d’une nation confrontée à de multiples défis. Il est regrettable que ces figures politiques choisissent de semer le trouble plutôt que d’apporter leur soutien ou des propositions constructives. Nous les exhortons à faire preuve de davantage de responsabilité dans leurs démarches. »

Réactions et inquiétudes : l’opposition en retrait

Mahamat Zen Chérif, président du parti Tchad Uni et figure de l’opposition bien que non-membre du GCAP, exprime une opinion divergente. Pour lui, ces événements représentent un recul démocratique majeur pour le Tchad, soulignant l’impératif de sauvegarder l’État de droit et les fondements démocratiques.

Mahamat Zen Chérif déclare : « L’arrestation de dirigeants de partis politiques légalement reconnus, agissant dans le respect de la légalité républicaine, envoie un signal alarmant de déclin démocratique à l’ensemble du peuple tchadien. Cela révèle, à mon sens, les fragilités du gouvernement. Un pouvoir légitime, issu du vote populaire, ne devrait pas redouter l’expression citoyenne. »

Il ajoute : « Les manifestations et l’exercice des libertés fondamentales sont des piliers essentiels à la vitalité d’une vie politique démocratique. Interdire de manière systématique toute forme de rassemblement ouvre la porte à des revendications illégales, ce qui représente un risque considérable pour la stabilité politique de notre nation. »

Le GCAP, regroupant une dizaine de formations, constitue l’une des coalitions d’opposition les plus influentes au Tchad. Ayant toujours critiqué ouvertement la période de transition, le collectif avait déjà fait la une en annonçant son retrait de la sphère politique tchadienne le 31 octobre 2025. Cette décision, accompagnée de la fermeture de ses bureaux, visait à protester contre ce qu’il percevait comme une dérive autoritaire et une atmosphère de répression grandissante.