À Abidjan, le Conseil supérieur de la publicité (CSP) affiche sa détermination à transformer le paysage publicitaire ivoirien. Alassane Koné, président de l’institution et conseiller technique au ministère de la Communication, a exposé les ambitions du gouvernement pour faire de ce secteur un véritable moteur de croissance économique.
Les enjeux de la surveillance numérique
La mutation rapide des technologies et l’omniprésence des plateformes internationales imposent une adaptation constante des autorités de régulation. Selon Alassane Koné, l’encadrement du digital représente aujourd’hui le défi majeur du CSP. Trois obstacles principaux freinent cette mission : la vitesse fulgurante de l’innovation technologique, la dimension transfrontalière des acteurs du web et le besoin crucial d’experts qualifiés pour monitorer les contenus en ligne de manière efficace.
Le constat est clair : les méthodes traditionnelles de contrôle peinent à suivre la cadence imposée par le numérique, obligeant l’État à moderniser ses mécanismes d’intervention pour mieux protéger l’espace public.
Une législation ciblée sur les influenceurs et le contrôle préalable
Pour pallier ces difficultés, la Côte d’Ivoire s’appuie sur la loi n°2022-979 du 20 décembre 2022. Ce texte législatif marque un tournant décisif en soumettant désormais les créateurs de contenus et influenceurs suivis par plus de 25 000 abonnés aux mêmes obligations que les médias audiovisuels classiques. Cette surveillance est assurée par la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA).
Parallèlement, la protection des citoyens contre les publicités mensongères ou trompeuses demeure une priorité absolue. Les annonceurs ont l’obligation légale de soumettre systématiquement leurs projets de campagnes à la Commission de contrôle et de validation (CCV) du CSP avant toute diffusion sur le territoire national.
Sanctions sévères et perspectives économiques
Face au maintien de certaines pratiques publicitaires irrégulières, le CSP durcit le ton. Les entreprises ou individus en infraction s’exposent désormais à des sanctions financières lourdes, pouvant atteindre 3 à 5 % de leur chiffre d’affaires. Des poursuites pénales sont également envisageables, avec des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux mois pour les contrevenants les plus récalcitrants.
L’enjeu est également d’ordre macroéconomique. Avec un marché pesant environ 30 milliards de francs CFA, soit moins de 1 % du Produit intérieur brut (PIB), la Côte d’Ivoire cherche à dynamiser ses performances publicitaires pour rattraper le niveau de certains pays voisins dont les marchés sont plus matures.

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