7 juillet 2026

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Yamoussoukro : l’immobilier en plein essor bouleverse les équilibres économiques

À Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire, les paysages se métamorphosent sous l’effet d’une frénésie immobilière sans précédent. Les terrains, autrefois réservés aux cultures locales, cèdent désormais la place à des chantiers en pleine effervescence. Cette transformation attire un nombre croissant d’investisseurs, mais interroge aussi sur l’avenir des terres arables et des communautés rurales.

basilique Notre-Dame de la Paix à Yamoussoukro

un marché immobilier en pleine expansion

Les professionnels du secteur l’attestent : Yamoussoukro attire désormais tous les regards. Avec des parcelles s’échangeant entre 15 et 40 millions de FCFA selon leur localisation et leur taille, la demande explose. Francis Djaha, agent immobilier depuis cinq ans, confirme cette tendance : « Nous recevons des particuliers souhaitant construire des résidences, des entrepreneurs en quête de lots pour des bureaux, et même des clients intéressés par des projets agricoles ou des maisons clés en main. »

Cette dynamique s’explique par plusieurs atouts majeurs. D’abord, la disponibilité du foncier, encore préservé dans cette ville au cœur du pays. Ensuite, les infrastructures exceptionnelles héritées des visions du président Houphouët-Boigny : des routes larges et bien entretenues, une urbanisation maîtrisée et une position géographique centrale. « De Yamoussoukro, il est possible de rejoindre rapidement toutes les grandes villes du pays », souligne Francis Djaha. Un argument de poids pour les investisseurs locaux et internationaux.

entre espoirs économiques et craintes pour l’agriculture

Cette effervescence immobilière n’est pas sans conséquences pour les villages environnants. Les terres arables, autrefois dédiées aux cultures de cacao, d’igname ou de manioc, disparaissent peu à peu au profit des lotissements. Si certains y voient une opportunité de développement, d’autres s’alarment pour l’avenir de l’agriculture locale.

À Séman Sanhourikro, à quelques kilomètres de la capitale politique, Michel N’Goran, conseiller du chef du village, exprime ses inquiétudes : « Avec les lotissements, nous perdons progressivement nos terres cultivables. Dans 30 ou 50 ans, les habitants de Yamoussoukro pourraient se retrouver dans la même situation que les Ebriés à Abidjan : sans terres pour subvenir à leurs besoins. » Une perspective qui soulève des questions sur la durabilité de ce modèle de développement.

Les autoritésivoiriennes misent en effet sur Yamoussoukro pour redynamiser l’économie nationale. Le projet de ligne de train à grande vitesse entre Abidjan et Yamoussoukro, prévue pour relier les deux villes en 45 minutes, devrait encore renforcer l’attractivité de la capitale politique. Un pari ambitieux qui pourrait bien redéfinir durablement le paysage économique et social de la région.