Au Cameroun, le procès lié à l’assassinat du journaliste Martinez Zogo a franchi une étape d’une rare intensité devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Les 1er et 2 juin, l’audience a été marquée par la projection inédite d’une séquence vidéo retraçant les ultimes moments du chef de chaîne d’Amplitude FM. Ces images, d’une violence extrême, ont plongé l’assistance dans la stupeur et provoqué une onde de choc émotionnelle parmi ses proches présents.
Une salle d’audience sous le choc des images
L’atmosphère était particulièrement pesante dans l’enceinte du tribunal militaire de Yaoundé ce 1er juin 2026. La diffusion des images a imposé un silence de plomb. Sur l’écran, Martinez Zogo apparaît au sol, le corps marqué par des sévices atroces. Ensanglanté et affaibli, le journaliste est filmé alors qu’il implore désespérément du secours. Face à l’horreur de la scène, le tribunal a été contraint d’interrompre momentanément les débats.
« Sur le plan émotionnel, c’est une épreuve d’une force incroyable. Je ne pense pas être le seul à ressentir ce bouleversement », a confié l’avocat Ludovic Sabze à la sortie de l’audience.
Le lendemain, la tension ne s’était pas dissipée. Les débats ont repris dans une ambiance lourde, les esprits restant hantés par les preuves visuelles de la veille. Il a été révélé que ces fichiers provenaient du compte Google de Godje Oumarou Vincent, maréchal des logis et agent en fonction à la DGRE au moment des faits.
Les révélations techniques de l’expertise
Ces preuves numériques ont été mises en lumière par Georges Bell Bitjoka, expert en cybercriminalité et témoin clé de l’accusation. Pour Maître Calvin Job, conseil de la famille de la victime, ce témoignage constitue un tournant décisif pour la manifestation de la vérité.
L’avocat estime que ce rapport technique modifie radicalement la perspective du dossier, balayant les versions initiales. Il a tenu à saluer la précision et la rigueur des recherches effectuées par l’expert, affirmant que si la justice suit ces conclusions, l’essentiel du chemin vers la vérité sera parcouru. Cependant, une énigme persiste : l’identité du commanditaire ayant ordonné le rapt et le calvaire de Martinez Zogo reste à confirmer officiellement.
Une quête de vérité encore incomplète
L’analyse des communications a révélé une activité intense entre l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga et Justin Danwe durant la période du 18 au 28 janvier, englobant les jours séparant l’enlèvement de la découverte du corps. Des rencontres physiques ont également été mentionnées. Toutefois, Paul Chouta souligne un sentiment d’inachevé, car de nombreux contenus ont été supprimés avant l’analyse.
Lors de son passage à la barre ce mardi, Georges Bell Bitjoka a précisé que les 18 % de données récupérées sur le téléphone de Jean-Pierre Amougou Belinga ne permettent pour l’heure ni de prouver son implication directe, ni de l’écarter totalement. Face à ces zones d’ombre, les avocats de la partie civile ont sollicité une expertise approfondie pour tenter d’extraire les échanges effacés entre les principaux suspects.
Cette nouvelle requête pourrait apporter les réponses tant attendues par l’opinion publique. Le procès a été ajourné et reprendra les 22 et 23 juin prochains.

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