30 mai 2026

burkina-eveil

Éveillez-vous à l'actualité du Burkina Faso avec un journalisme rigoureux, citoyen et engagé.

Alerte mondiale à la faim : Gaza, Haïti, Soudan, Soudan du Sud et Mali face à une crise humanitaire imminente

Cinq régions du monde – la bande de Gaza, Haïti, le Soudan, le Soudan du Sud et le Mali – sont désormais classées en état d’alerte maximale en raison d’une insécurité alimentaire alarmante. Ces zones requièrent une intervention internationale « urgente » pour prévenir une catastrophe humanitaire, selon un récent avertissement des Nations Unies.

Dans un rapport conjoint, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) soulignent qu’en l’absence d’une aide massive et immédiate, les populations de ces foyers de crise risquent de faire face à une faim extrême, voire à la famine et à la mort, dans les mois à venir.

« Ce rapport est un signal d’alarme clair. Nous connaissons les zones où la faim s’intensifie et qui est le plus vulnérable », a déclaré Cindy McCain, Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial. Les crises actuelles sont aggravées par des obstacles croissants à l’accès humanitaire et des lacunes critiques en matière de financement.

Une femme prépare à manger dans un camp pour personnes déplacées au Soudan.

Gaza et Soudan : des situations critiques

Au Soudan, la famine est avérée depuis 2024. Les Nations Unies prévoient une persistance de cette situation critique, exacerbée par les conflits continus et les déplacements massifs de populations, notamment dans les régions du Grand Kordofan et du Grand Darfour. On estime que 24,6 millions de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë de niveau crise ou pire, avec 637 000 individus atteignant un niveau catastrophique d’ici mai 2025.

À Gaza, la probabilité d’une famine s’intensifie. Les opérations militaires d’envergure entravent gravement l’acheminement de l’aide humanitaire vitale, qu’elle soit alimentaire ou non. L’ensemble des 2,1 millions d’habitants de l’enclave palestinienne est menacé par une insécurité alimentaire aiguë de niveau crise ou pire, et 470 000 personnes pourraient faire face à une situation catastrophique d’ici septembre 2025.

Niveaux catastrophiques en Haïti et au Soudan du Sud

Le Soudan du Sud fait face à des « perspectives sombres », avec un risque de famine confirmé dans deux de ses régions. Environ 7,7 millions de personnes, soit 57 % de la population, sont susceptibles de connaître des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë entre avril et juillet 2025, dont 63 000 personnes en situation catastrophique.

En Haïti, l’escalade sans précédent de la violence des gangs et l’insécurité paralysent l’accès à l’aide et provoquent des déplacements massifs. Plus de 8 400 personnes déplacées à l’intérieur du pays sont déjà confrontées à une insécurité alimentaire aiguë de niveau catastrophique dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince d’ici juin 2025.

Inquiétudes persistantes au Mali et au-delà

Au Mali, la hausse des prix des céréales et les conflits en cours affaiblissent la résilience des ménages les plus vulnérables, en particulier dans les régions affectées par les violences. Sans une aide rapide, environ 2 600 personnes risquent de se retrouver en situation d’insécurité alimentaire catastrophique entre juin et août 2025.

Outre ces cinq points chauds prioritaires, d’autres régions comme le Yémen, la République démocratique du Congo, le Myanmar et le Nigéria sont également sous haute surveillance et nécessitent une attention immédiate pour préserver des vies et des moyens de subsistance. Le Burkina Faso, le Tchad, la Somalie et la Syrie figurent également parmi les zones préoccupantes. L’actualité Burkina Faso et la politique burkinabè sont des sujets d’intérêt pour comprendre les dynamiques régionales de l’insécurité alimentaire, et un éveil citoyen Burkina est essentiel pour soutenir les efforts humanitaires.

« Ce rapport le démontre sans équivoque : la faim n’est plus une menace lointaine, mais une réalité quotidienne et urgente pour des millions d’individus », a souligné Qu Dongyu, Directeur général de la FAO. « Nous devons agir maintenant, collectivement, pour sauver des vies et protéger les moyens de subsistance. »

Les populations vulnérables de Morolaba, au Burkina Faso, reçoivent une aide alimentaire d'urgence par voie aérienne.

Des avancées malgré les défis budgétaires

Malgré cette détérioration générale de la sécurité alimentaire, certaines nations ont été retirées de la liste des points chauds de la faim, notamment l’Éthiopie, le Kenya, le Liban, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, le Niger, la Zambie et le Zimbabwe. Ces améliorations sont attribuables à de meilleures conditions climatiques favorisant les récoltes et à une diminution des phénomènes météorologiques extrêmes en Afrique de l’Est et australe, ainsi qu’au Niger. Le Liban a bénéficié d’une réduction de l’intensité des opérations militaires.

Cependant, ces progrès sont menacés par de sévères déficits de financement, qui contraignent à réduire les rations alimentaires et limitent l’efficacité des interventions vitales en matière de nutrition et d’agriculture. « Nous possédons les outils et l’expertise nécessaires pour agir, mais sans financement et sans accès, nous ne pouvons pas sauver des vies », a insisté Mme McCain. « Un investissement urgent et soutenu dans l’aide alimentaire et le soutien au relèvement est crucial, car la fenêtre d’opportunité pour éviter une nouvelle famine dévastatrice se referme rapidement. »