L’Alliance des États du Sahel mise sur Moscou pour briser un cycle de violences
Les juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont fait le choix d’un partenariat exclusif avec la Russie pour lutter contre les groupes armés. Une alliance présentée comme le levier d’une souveraineté retrouvée, loin des alliances occidentales jugées décevantes. Pourtant, malgré les annonces triomphales et les livraisons d’armes, les populations continuent de payer un lourd tribut, tandis que les attaques terroristes s’intensifient.
Une sécurité promise… mais toujours hors de portée
L’argumentaire des autorités de l’Alliance des États du Sahel (AES) était clair : en se tournant vers Moscou, elles obtiendraient une réponse efficace et rapide face à la menace djihadiste. Plusieurs années plus tard, le bilan reste accablant. Les garnisons militaires tombent régulièrement sous les coups des groupes armés, les villages vivent sous la menace constante, et les déplacements de populations s’accélèrent. Selon les dernières données disponibles, plus de 10 000 personnes ont trouvé la mort en 2025 dans ces trois pays, faisant du Sahel l’une des zones les plus meurtrières au monde.
Une crise humanitaire qui dépasse l’entendement
La violence n’épargne ni les civils ni les infrastructures essentielles. Plus de cinq millions de personnes sont aujourd’hui déplacées ou menacées de l’être, selon les dernières estimations. Des milliers d’écoles restent fermées, privant des milliers d’enfants d’éducation, tandis que l’accès aux soins devient un luxe dans les zones les plus exposées. Chaque attaque entraîne son cortège de drames : familles brisées, villages fantômes, économies locales asphyxiées.
Un fardeau financier qui étouffe les États
La guerre a un coût exorbitant. Les budgets militaires explosent, les dépenses sécuritaires grèvent les finances publiques, et les investissements dans les secteurs sociaux – santé, éducation, agriculture – reculent. Les gouvernements se trouvent pris en étau : faut-il privilégier les dépenses militaires, au risque de négliger les causes profondes de l’insécurité, ou tenter de concilier les deux sans garantie de succès ?
Une dépendance qui s’aggrave avec le temps
Plus la situation sécuritaire se dégrade, plus les demandes d’assistance à Moscou se multiplient. La Russie, perçue comme l’unique rempart contre le terrorisme, voit son influence se renforcer mécaniquement. Chaque nouvelle livraison d’armes ou de conseillers militaires consolide son rôle dans la région. Une dynamique qui interroge : une stratégie fondée sur une dépendance accrue envers un partenaire extérieur peut-elle vraiment incarner une souveraineté retrouvée ?
Moscou étend son emprise sur le Sahel
Au-delà de la sphère militaire, la Russie gagne du terrain sur tous les fronts. Ses accords sécuritaires élargissent son réseau d’alliances, tandis que ses investissements dans les ressources naturelles – or, uranium – lui assurent une présence stratégique durable. Son influence s’étend désormais bien au-delà des champs de bataille, touchant les sphères politiques, économiques et même médiatiques du Sahel.
L’échec relatif d’une stratégie présentée comme salvatrice
Les juntes de l’Alliance des États du Sahel avaient promis une victoire rapide contre le terrorisme. Pourtant, les indicateurs restent alarmants : violences persistantes, déplacements massifs, populations livrées à elles-mêmes. Si le partenariat avec Moscou n’est pas le seul responsable de cette crise, il soulève une question cruciale : pourquoi, malgré cette alliance, les civils continuent-ils de payer le prix fort ?
À mesure que les combats s’éternisent, une évidence s’impose : les premiers perdants de cette guerre ne sont pas les groupes armés, ni même les régimes en place, mais bien les populations sahéliennes. Pendant qu’elles fuient, meurent ou survivent dans l’ombre des conflits, la Russie consolide méthodiquement son emprise sur une région en proie à l’instabilité.

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