29 septembre 2026

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Après les propos de Traoré, la monnaie de l’AES entre attentes et incertitudes

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La perspective d’une monnaie propre à l’Alliance des États du Sahel (AES) continue de susciter de vives réactions, alors que le président burkinabè Ibrahim Traoré a entretenu le flou sur le calendrier. Interrogé le dimanche 27 septembre 2026, le chef de l’État a préféré rester évasif, se contentant d’indiquer que le dossier demeure à l’étude. Une prudence qui laisse les observateurs et les populations dans l’expectative quant à la suite du processus.

Une annonce sans échéance qui divise

Face aux journalistes, Ibrahim Traoré a été invité à s’exprimer sur la construction progressive d’institutions communes entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Si les coopérations militaire, diplomatique et financière ont connu des avancées notables, la création d’une devise propre aux trois pays reste l’un des chantiers les plus délicats. À la question de savoir si une monnaie de l’AES pourrait voir le jour prochainement, le président n’a annoncé ni date, ni nom, ni mécanisme de lancement, se bornant à inviter à suivre les développements à venir.

Cette absence de calendrier officiel alimente les spéculations. Aucun des trois États n’a publié de feuille de route détaillant une sortie du franc CFA, une période de transition ou les modalités de création d’une banque centrale commune. Dans ce contexte, les informations circulant sur les réseaux sociaux au sujet de billets déjà imprimés ou d’une mise en circulation imminente doivent être accueillies avec la plus grande prudence. Les autorités de l’espace AES ont d’ailleurs déjà démenti plusieurs annonces attribuant à la Confédération des décisions monétaires qui n’avaient pas été officiellement adoptées.

La souveraineté monétaire, un objectif politique de long terme

Si Ibrahim Traoré n’a pas donné de calendrier, il ne ferme pas pour autant la porte à une monnaie propre. Le président burkinabè a déjà présenté à plusieurs reprises la souveraineté économique et financière comme l’un des prolongements de la coopération engagée avec le Mali et le Niger. Dans cette logique, la question monétaire dépasse la simple création de billets, car elle implique notamment la gestion des réserves, la politique de change, le financement des économies et la stabilité des prix.

Une éventuelle sortie du système actuel nécessiterait également des institutions capables de conduire une politique monétaire commune et d’assurer la confiance dans la nouvelle devise. L’AES a déjà commencé à développer certains instruments financiers communs, notamment à travers des mécanismes destinés à soutenir les investissements et les projets structurants des trois États. Ces dispositifs peuvent être considérés comme des éléments d’une intégration économique plus large, sans constituer pour autant la preuve qu’une monnaie commune est prête à être lancée.

Des défis techniques et politiques majeurs

Le passage à une devise propre représenterait une étape beaucoup plus complexe, avec des conséquences sur les banques, les entreprises, les échanges transfrontaliers, les contrats, l’épargne et les finances publiques. Pour le moment, les trois pays continuent d’utiliser le franc CFA de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Aucune décision officielle n’a été rendue publique concernant une date de retrait, un taux de conversion vers une éventuelle nouvelle monnaie ou une période pendant laquelle les deux devises pourraient coexister.

Quelles perspectives pour la suite ?

En l’état, le projet de monnaie unique de l’AES reste entouré d’incertitudes. Les réactions des populations et des observateurs oscillent entre espoir et scepticisme. Certains y voient une avancée décisive vers une souveraineté monétaire longtemps revendiquée, d’autres s’inquiètent des risques économiques liés à une transition mal préparée. Les prochaines déclarations des autorités des trois pays seront scrutées de près, car elles devraient permettre d’en savoir plus sur le calendrier et les modalités de ce chantier stratégique.

D’ici là, la prudence reste de mise. Les rumeurs et les fausses informations sur une prétendue mise en circulation imminente d’une monnaie de l’AES continuent de circuler, alors qu’aucune décision officielle n’a été annoncée. Il est donc essentiel de se référer aux communications officielles des instances de l’Alliance pour suivre l’évolution de ce dossier sensible.

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