12 juin 2026

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Bamako : la diffusion d’une vidéo du JNIM attise les inquiétudes

Une guerre psychologique franchit un nouveau cap

La vidéo, diffusée le 11 juin au soir par la branche sahélienne d’Al-Qaïda, révèle des préparatifs logistiques et militaires de grande ampleur. Le groupe terroriste y promet des « actions imminentes » dans les prochains jours, potentiellement dirigées contre des infrastructures stratégiques ou des symboles étatiques.

Au-delà de l’affichage de puissance, le JNIM élève la guerre psychologique en désignant nommément des responsables du renseignement malien. Deux officiers de l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE) figureraient sur une « liste de mise à prix » publiée par l’organisation. Cette menace ciblée suscite une forte appréhension au sein des services de renseignement à Bamako.

Le moral des troupes à l’épreuve et l’ombre des désertions

Sur le plan militaire, l’inquiétude au sein des forces de sécurité fait écho à des informations sur la dégradation du moral dans les rangs des Forces armées maliennes (FAMa). Face à une possible offensive coordonnée du JNIM, l’état-major redouterait des refus de combattre en cas d’attaque.

Pour contrer cette démobilisation et prévenir les désertions, la junte aurait proposé d’urgence de nouvelles primes exceptionnelles de combat. Cependant, ces mesures financières ne suffisent pas à dissimuler une crise de confiance et un moral en berne chez les soldats, éprouvés par un conflit asymétrique prolongé.

« Les primes ne compensent ni le déficit stratégique ni la crainte d’un embrasement généralisé », explique un analyste régional spécialiste des questions de défense, sous couvert d’anonymat.

Signes de fébrilité au sommet de l’État

Cette dégradation rapide du contexte sécuritaire provoque des remous au sommet de l’État. Des rumeurs, alimentées par des mouvements inhabituels observés ces dernières 48 heures, évoquent le départ précipité à l’étranger des familles de plusieurs dignitaires, dont celles de ministres en fonction.

Les autorités de transition n’ont pas encore réagi officiellement ni à ces informations ni à la vidéo du JNIM. Si ces départs se confirment, ils révéleraient un manque de confiance dans la capacité de l’État à protéger la capitale face à la menace qui se rapproche.

Alors que les prochains jours s’annoncent décisifs, Bamako retient son souffle, partagée entre l’angoisse d’une escalade militaire et l’attente d’une réponse ferme du gouvernement de transition.