Un vote historique à l’Assemblée législative du peuple
Le Burkina Faso a franchi un cap majeur en rétablissant officiellement la peine de mort, huit ans après son abolition. Le mardi 20 octobre, l’Assemblée législative du peuple (ALP), composée exclusivement de membres nommés par la junte militaire dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré, a adopté à l’unanimité le nouveau Code pénal incluant cette mesure controversée.
Les motifs évoqués par le régime Traoré pour justifier cette réforme
Le ministère de la Justice a justifié cette décision par la nécessité de « renforcer l’ordre public » et de « protéger les valeurs fondamentales de la nation ». Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, il précise que cette réforme s’inscrit dans une logique de « sécurité renforcée pour les personnes et les biens ». L’ALP, composée de 71 membres non élus, a validé ce texte sans opposition, confirmant ainsi la mainmise du pouvoir militaire sur le système judiciaire.
Quels crimes sont désormais passibles de la peine capitale ?
D’après les informations relayées par les médias d’État, les infractions désormais sanctionnées par la peine de mort incluent :
- Les actes de terrorisme entraînant des victimes
- L’espionnage et la trahison
- Le parricide
- L’importation de produits périmés ou prohibés ayant causé la mort
Cette mesure marque un retour en arrière après l’abolition de la peine capitale en 2018, une décision qui avait alors été saluée par les défenseurs des droits humains. La dernière exécution recensée au Burkina Faso remonte à 1988, selon les archives d’Amnesty International, qui a immédiatement réagi en appelant à l’abandon de cette réforme.
Un débat national et international en perspective
Le rétablissement de la peine de mort au Burkina Faso promet de relancer les tensions entre les autorités militaires et les organisations de défense des droits humains. La junte, au pouvoir depuis fin 2022, avait déjà annoncé son intention de réintroduire cette peine en décembre de l’année précédente, une décision qui avait suscité de vives critiques à l’échelle internationale.
Alors que le régime évoque une mesure destinée à sécuriser le pays face à la menace terroriste, les opposants y voient une atteinte aux droits fondamentaux et une violation des engagements internationaux du Burkina Faso.











