21 juillet 2026

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Burkina Faso : la sécurité, parent pauvre des promesses politiques

Un pays qui a changé de visage sous deux régimes opposés

Il y a encore quelques années, le Burkina Faso était souvent évoqué pour sa stabilité relative, malgré les critiques récurrentes envers son système politique. Blaise Compaoré, au pouvoir pendant près de trois décennies, incarnait un régime contesté, accusé de verrouiller la démocratie et de concentrer le pouvoir. Pourtant, malgré ces défauts, une réalité s’imposait : les Burkinabè pouvaient circuler, travailler et vivre sans la menace permanente des attaques terroristes.

L’insécurité, ce fléau qui a tout balayé

Sous son mandat, les routes étaient sûres, les marchés approvisionnés et les familles libres de se déplacer. Aujourd’hui, cette époque semble lointaine. Depuis l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré à la suite d’un putsch militaire, la donne a radicalement changé. Les promesses de reconquête territoriale et de protection des populations peinent à se concrétiser.

Les communiqués militaires vanteront des succès opérationnels, mais sur le terrain, la situation reste critique. Des zones entières restent sous la menace des groupes armés, des axes routiers sont toujours dangereux, et des villages sont isolés. Pour beaucoup, ces victoires annoncées ne se traduisent pas par une amélioration tangible de leur quotidien.

L’exil, dernier recours des Burkinabè en quête de sécurité

Le signe le plus accablant de cette défaillance ? L’exode massif des populations. Des milliers de Burkinabè abandonnent leurs terres, leurs commerces et leurs maisons pour fuir vers des régions plus sûres ou franchir les frontières. Personne ne quitte son foyer par plaisir. L’exil est un aveu d’échec : celui d’un État incapable d’assurer la sécurité de ses citoyens.

Cette fuite silencieuse est le verdict le plus sévère contre les politiques sécuritaires actuelles. Quand un père de famille quitte son village avec femme et enfants pour se réfugier ailleurs, c’est la preuve que la confiance dans les institutions s’est effritée.

Souveraineté et discours : des mots qui ne nourrissent pas

Le capitaine Traoré met en avant une ligne politique axée sur la souveraineté nationale, la rupture avec les anciennes alliances et l’appel au patriotisme. Ces thèmes séduisent une partie de la population, surtout ceux qui rejetaient le régime précédent. Pourtant, la souveraineté ne se décrète pas : elle se mesure à la capacité d’un gouvernement à protéger son peuple et à exercer son autorité sur l’ensemble du territoire.

Un autre constat intrigue : le silence des anciens détracteurs de Blaise Compaoré. Ceux qui dénonçaient avec virulence son autoritarisme semblent aujourd’hui moins loquaces face aux résultats mitigés du nouveau pouvoir. Cette différence de traitement alimente les doutes sur l’objectivité des critiques politiques.

Le bonheur national ne se décrète pas

Comparer les deux époques ne signifie pas idéaliser le passé. Il s’agit simplement de rappeler une évidence : un État existe d’abord pour garantir la sécurité de ses citoyens. Sans cela, les réformes, les discours et les symboles perdent toute leur valeur.

Le vrai bonheur d’une nation ne se mesure pas à la popularité de ses dirigeants, mais à la tranquillité de ses villages, à la fluidité de ses routes, au fonctionnement de ses écoles et à la confiance des familles en leur avenir. Tant que des Burkinabè devront choisir entre rester chez eux ou fuir pour survivre, le bilan du pouvoir actuel restera incomplet. Car l’histoire juge moins les promesses que les actes, et moins les slogans que la réalité vécue par les populations.