Au Burkina Faso, le régime militaire a franchi une nouvelle étape dans le durcissement de sa politique en annonçant la suspension de l’Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB), la plus importante organisation représentative du monde universitaire. Cette décision s’est accompagnée de l’arrestation de son secrétaire général.
Dans un compte-rendu officiel du conseil des ministres, le gouvernement a déclaré que les activités de l’ANEB sont « suspendues sur toute l’étendue du territoire national jusqu’à nouvel ordre ». Pour justifier cette mesure, les autorités accusent l’association de se livrer à des « activités de subversion » et de causer des « troubles à l’ordre public ».

L’exécutif burkinabè reproche également à l’organisation de perturber le bon déroulement des activités académiques et d’entretenir des liens étroits avec des « groupes d’action politique subversive ».
Cette annonce survient dans un contexte déjà tendu, marqué par l’arrestation le 24 mai dernier du secrétaire général de l’ANEB, Elisée Ismaël Traoré. Il a été interpellé par des individus en civil se présentant comme des agents de la sûreté de l’État, qui l’ont ensuite emmené vers une destination inconnue. Son interpellation a eu lieu peu de temps après une conférence de presse où il avait vivement critiqué la gestion du pays par le pouvoir en place, et plus particulièrement la pratique de la « réquisition » d’étudiants pour participer à la lutte contre les groupes jihadistes.
L’ANEB, fondée en 1960, a une longue histoire de relations conflictuelles avec les différents gouvernements qui se sont succédé au Burkina Faso. Le régime militaire actuel, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré depuis le coup d’État de septembre 2022, est fréquemment accusé de réprimer toute voix critique par le biais d’arrestations, d’enlèvements et de « réquisitions » visant ses opposants.

Plus d'histoires
Tension au sommet à Dakar : la rupture consommée entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye
Niger et Bénin : les signes d’un rapprochement diplomatique majeur
Burkina Faso : l’union étudiante ugeb suspendue et son leader arrêté