28 mai 2026

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Tension au sommet à Dakar : la rupture consommée entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye

(FILES) Senegal Prime Minister Ousmane Sonko (L) hands over to Senegal President Bassirou Diomaye Faye (R) the official report on the Thiaroye massacre during a ceremony at the Presidential Palace in Dakar, on October 16, 2025. Senegal President Bassirou Diomaye Faye on Friday sacked Prime Minister Ousmane Sonko and dissolved the government after months of tensions, deepening a crisis in the debt-laden west African nation. The shock announcement was made on state television in a decree read out by presidential aide Oumar Samba Ba, who said Faye "has ended the duties of Ousmane Sonko... and consequently those of the ministers and secretaries of state who are members of the government". (Photo by PATRICK MEINHARDT / AFP)

L’union sacrée face à Macky Sall laisse place à une confrontation ouverte

Ils semblaient autrefois inséparables, portés par une ambition commune qui a bouleversé l’échiquier politique. Lors de la campagne présidentielle de 2024, le slogan wolof « Diomaye Moy Sonko » résonnait comme le symbole d’une fusion totale entre les deux hommes. Pourtant, cette alliance de fer appartient désormais au passé. Le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko se font face aujourd’hui en tant que concurrents politiques directs.

Cette lune de miel, qui avait permis de mettre fin au règne de l’ancien président Macky Sall, s’est brisée sur l’autel des réalités du pouvoir. Entre les défis d’une gestion gouvernementale complexe et une situation financière nationale particulièrement tendue, le duumvirat n’a pas résisté aux pressions de l’exercice de l’État.

Ousmane Sonko, du gouvernement au perchoir de l’Assemblée

Le tournant décisif s’est produit le 22 mai, lorsque le chef de l’État a pris la décision de limoger Ousmane Sonko de ses fonctions de Premier ministre. Loin de se retirer de la scène, la figure politique charismatique a rapidement rebondi. Après avoir réintégré l’Assemblée nationale en tant que député, il a été élu à la présidence de l’institution parlementaire.

En accédant au perchoir, il occupe désormais la fonction de deuxième personnage de l’État sénégalais. Ce nouveau statut de dauphin constitutionnel lui confère une influence institutionnelle majeure, le plaçant mécaniquement en position de rival numéro un face à Bassirou Diomaye Faye. La scène politique au Sénégal entre ainsi dans une nouvelle ère d’incertitude, où les anciens alliés sont devenus les principaux protagonistes d’un duel pour le leadership national.