14 août 2026

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Cajou en Côte d’Ivoire : un nouveau financement pour booster la transformation locale

Avec une production annuelle dépassant 1,5 million de tonnes, la Côte d’Ivoire confirme sa place de leader mondial des noix de cajou brutes. Pourtant, le véritable défi réside désormais dans la transformation locale de cette ressource. Pour y répondre, les acteurs de la filière ont franchi une étape décisive grâce à la signature d’une convention financière inédite.

Le Groupement des transformateurs de cajou ivoiriens (GTCI), qui fédère des industriels nationaux représentant une capacité de transformation de 100 000 tonnes, a chaleureusement salué l’accord tripartite signé entre la Banque nationale d’investissement (BNI), le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) et les transformateurs locaux. Ce dispositif, officialisé le 11 juin 2026, marque un tournant dans l’histoire de la filière en sécurisant l’approvisionnement des usines et en facilitant leur financement.

Un mécanisme innovant pour soutenir les industriels

Dans un courrier adressé aux plus hautes autorités ivoiriennes, dont le Premier ministre Robert Beugré Mambé et le Vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, le président du GTCI, Denis Kouadio, a exprimé sa reconnaissance envers les institutions ayant rendu possible cette initiative. Ce financement structure l’accès aux noix brutes, un enjeu crucial pour les transformateurs qui doivent anticiper leurs besoins sur toute l’année.

Les défis étaient nombreux : acheter des volumes suffisants pendant la campagne de commercialisation, couvrir les coûts de transformation et garantir la rentabilité des usines. Grâce à ce partenariat, le CCA s’engage à fournir 20 % des besoins en noix brutes dès le début de la saison, tandis que la BNI finance les 80 % restants, incluant les fonds de roulement nécessaires aux opérations industrielles et aux exportations.

Une avancée majeure pour l’industrie nationale

Pour le GTCI, cette convention représente une avancée historique. Elle renforce la transformation locale, sécurise l’approvisionnement des unités de production et offre aux industriels un accès simplifié au crédit. L’objectif ? Accélérer l’industrialisation de la filière et maximiser la création de valeur sur le sol ivoirien.

Denis Kouadio a tenu à saluer l’engagement des dirigeants publics et privés ayant permis la mise en place de ce dispositif. Parmi eux, le ministre du Commerce et de l’Industrie Khalil Konaté, le ministre de l’Économie et des Finances Adama Coulibaly, ainsi que les dirigeants du CCA et de la BNI, Mamadou Berté et Youssouf Fadika. Leur collaboration a permis de concrétiser un mécanisme de financement durable, conçu pour soutenir l’émergence de champions nationaux dans la transformation du cajou.

Vers une extension à d’autres filières ?

Fort du succès de ce programme, les autorités ivoiriennes étudient désormais la possibilité d’appliquer un modèle similaire à la filière cacao. L’ambition ? Offrir aux transformateurs locaux un accès facilité au financement, afin de renforcer davantage l’économie du pays.

La Côte d’Ivoire, un géant en devenir

Avec 37 unités de transformation et une capacité installée de plus de 830 000 tonnes, la Côte d’Ivoire se positionne comme le deuxième exportateur mondial d’amandes de cajou. Pourtant, malgré un taux de transformation locale de 43 %, le pays vise une ambition encore plus grande : développer davantage son industrie et conserver sur son territoire une part croissante de la valeur ajoutée.

En transformant davantage ses propres ressources, la Côte d’Ivoire entend non seulement renforcer son tissu industriel, mais aussi générer des emplois et dynamiser son économie. Un pari qui pourrait bien inspirer d’autres nations africaines engagées dans la valorisation de leurs matières premières.