30 septembre 2026

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Cameroun : après la suspension de Vision 4, les réactions et les perspectives dans l’affaire Martinez Zogo

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Une décision qui fait réagir

La suspension pour un mois de la chaîne Vision 4 par le Conseil national de la communication (CNC) du Cameroun continue de susciter des réactions. Cette sanction, annoncée mardi, intervient dans le contexte de la couverture du procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. La chaîne, propriété de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, est poursuivie dans cette affaire. Le régulateur reproche à Vision 4 plusieurs infractions dans sa couverture du procès.

Les motifs de la sanction

Le CNC a interdit à Vision 4 toute diffusion de programmes audiovisuels pendant un mois. Parmi les griefs retenus : avoir remis en cause l’autorité du régulateur et ne pas avoir répondu à une convocation. La chaîne avait déjà été sanctionnée en juin, tout comme le journaliste Martial Thaddée Owona et son directeur Philippe Boni Menyene, après la diffusion d’un reportage contenant, selon le CNC, des déclarations portant atteinte à la dignité d’une avocate des parties civiles. Le régulateur affirme que cette première sanction avait été « guère appliquée » et reproche à la chaîne d’avoir depuis diffusé de nouveaux contenus mettant en cause cette même avocate.

Un autre média du groupe visé

Parallèlement, le CNC a suspendu pour un mois Jean-Claude Fouda Abega, directeur de publication du quotidien L’Anecdote, autre média appartenant au groupe de Jean-Pierre Amougou Belinga. Le journal avait publié un article contenant, selon le régulateur, des propos « non fondés, injurieux, offensants » envers la même avocate.

Le procès se poursuit

Ces sanctions interviennent alors que le procès de Martinez Zogo se poursuit devant le tribunal militaire de Yaoundé. L’animateur de radio avait été enlevé le 17 janvier 2023 près d’un poste de gendarmerie de la capitale. Son corps, nu et mutilé, avait été retrouvé cinq jours plus tard. Jean-Pierre Amougou Belinga est poursuivi pour complicité de séquestration, torture et assassinat. Il comparaît notamment aux côtés de l’ancien directeur de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), Léopold Maxime Eko Eko, et du lieutenant-colonel Justin Danwe, accusé d’avoir dirigé le commando impliqué dans l’enlèvement du journaliste.

Quelles suites pour la liberté de la presse ?

Cette décision relance les débats sur la liberté de la presse au Cameroun et sur l’indépendance des médias. Les observateurs s’interrogent sur les conséquences de cette suspension pour la couverture du procès et sur les éventuelles réactions des organisations de défense de la liberté de la presse. L’affaire Martinez Zogo, déjà lourde de implications, continue de diviser et de mobiliser.

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