Cameroun : l’absence de Paul Biya suscite toujours des interrogations

Deux mois d’absence, après une réélection pour un huitième mandat, soulèvent des questions légitimes au Cameroun. Une situation inédite qui interroge la population et les observateurs.
Pour Benoit Ndong Soumeth, ministre chargé de mission à la Présidence, cette absence n’a rien d’anormal. « Une population peut ressentir le besoin de savoir ce qui arrive à son dirigeant. Le ministre directeur du Cabinet civil a répondu que tout va bien. Sa réponse doit suffire à rassurer tout le monde. Il n’y a aucun problème. Nous ne sommes ni en situation d’exception ni en urgence », précise-t-il.
Cependant, Roger Justin Noah, secrétaire général adjoint du MRC, parti d’opposition de Maurice Kamto, voit dans cette absence un manque de transparence. « Pourquoi avoir modifié les règles électorales pour s’absenter plusieurs semaines hors du pays ? Si le président rencontre des problèmes de santé, les Camerounais ont le droit d’être informés. Il n’est pas acceptable d’entretenir des ambiguïtés autour de son état de santé », déclare-t-il.
« Le peuple camerounais mérite des réponses »
« Le peuple camerounais a le droit d’en être informé. Pourquoi avoir faussé le jeu électoral pour passer des semaines à l’étranger ? S’il s’agit de problèmes de santé, cela doit être rendu public. Aucune ambiguïté ne devrait entourer l’état du président de la République », ajoute-t-il avec fermeté.
Cabral Libii, figure de l’opposition arrivée troisième à la présidentielle d’octobre, adopte un ton différent. Pour lui, cette absence n’a que peu d’importance. « Je pense qu’il n’y a pas de grande différence entre un séjour à l’étranger et un séjour au Cameroun. Peu importe le point de vue, la légalité reste la même. Nous approchons des élections législatives et municipales. Le vrai combat, c’est de voter massivement contre ce régime », estime-t-il.
Le député du PCRN mise, quant à lui, sur un changement de majorité pour réformer les textes encadrant les séjours à l’étranger du chef de l’État.

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